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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / Beauvoir / 715 route de Beauvoir
Commanderie de Beauvoir et ferme dite "l'Hopitau", actuellement haras

photographie du dossier documentaire, voir légende
Les deux granges dont la grange dite dîmière à droite, vue depuis le sud-ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La ferme équestre occupe l'ancien site de la commanderie de Beauvoir. Coeur de la paroisse de Beauvoir, elle comprenait une église ou chapelle, vouée à saint Nicolas, un cimetière, une métairie appelée "l'Hopitau" et une grange dîmière. La commanderie dépendait de celle de Villedieu, sous l'autorité de l'ordre religieux des frères hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Sa première mention date de 1187. Le commandeur, Frère Jacques s'entend alors avec l'abbaye de la Trinité de Poitiers pour se partager les revenus des terres alentour. Le commandeur s'engage à faire construire une grange dîmière pour recevoir les récoltes prélevées. Les receveurs des deux parties détiendront chacun une clé de la grange. Cet accord donne lieu au cours des siècles suivants à de nombreux contentieux entre le commandeur et l'abbaye. Le 19 septembre 1356, la plaine de l'Hopitau, entourant la commanderie et à cheval sur les paroisses de Beauvoir et de Nouaillé-Paupertuis, est le théâtre de la bataille au cours de laquelle le roi de France Jean le Bon est capturé. Lorsqu'au 15e siècle, après les guerres, commence la reconstruction, le commandeur concède ses terres à des exploitants, contre redevances. C'est ainsi par exemple qu'est créée la métairie des Grands Ormeaux. En 1494, Frère Antoine Charron, commandeur de Beauvoir, concède des terres à Richard Delye alias Cardin, marchand à Poitiers. Plusieurs exploitations, voire d'importants domaines comme Gros Puits, s'implantent alors à proximité de la commanderie. D'elles dépendent aussi les Bruères, le Collège des Moreaux, une partie des terres de la Cigogne, la Moudurerie, etc.

Outre cette autorité tant économique qu'institutionnelle, la commanderie de Beauvoir comprend une métairie, affermée par le commandeur à des exploitants. Les baux à ferme et les terriers de la commanderie décrivent les lieux de manière assez précise. Au 18e siècle, la métairie dispose d'environ 23 hectares de terres. La maison comprend une pièce pour le fermier, une autre pour le métayer, toutes deux avec une cheminée et un sol en terre battue. Un four est accolé au bâtiment, et précède une écurie. Devant la maison se trouve une première grange à l'usage du métayer, puis une seconde, plus grande, la grange dîmière. C'est là que sont stockés les prélèvements de récolte effectués au profit, et par moitié, du commandeur et de l'abbaye de la Trinité. La grange ouvre par une grande porte à deux battants. Parmi les autres dépendances, on observe des toits à brebis et à porcs, une étable, une vieille écurie appelée "prison". Entre les deux granges s'étend une cour "bâtresse" ou aire à battre. Enfin, tout près de la grange dîmière, se trouve un vivier ou mare, entourée d'ormeaux, et qui sert à abreuver le bétail.

Comme le reste de la commanderie, la métairie est saisie comme bien national, estimée le 18 décembre 1792 et vendue le 8 mai 1794. L'acquéreur est Jean Caillault, laboureur à Champigny-le-Sec, pour 20000 livres. Le 14 mars 1795, Caillault la cède à Antoine Lavigne, marchand à Poitiers, époux de Louise Mauricheau. Leur fille Marie en hérite et la transmet à son mari, Charles-Honoré Petit, huissier à Poitiers. C'est à ce dernier que la métairie appartient sur le cadastre de 1819 (parcelles E 324 à 327 notamment). On y reconnaît la mare encore visible aujourd'hui, bien que réduite, et trois bâtiments : probablement les deux granges telles qu'elles sont situées actuellement, de plan carré, et, au nord, un autre édifice, sans doute la partie habitation. A l'est se trouvent l'église (E 318) et le cimetière (E 321), alors rachetés par la commune. Le 15 mai 1834, Marie Lavigne, veuve Petit, vend à Antoine Petit, époux de Marguerite Favre, négociant à Poitiers, la métairie de l'Hopitau "composée de bâtiments d'habitation et d'exploitation, granges, étables, cour, jardin, terres labourables et non labourables, pacages, brandes et bois". Elle est exploitée depuis six ans par Jean Neveu dit Laguerre et Louise Dumas son épouse. Un mois après cette vente, le 16 juin 1834, Antoine Petit se porte acquéreur de l'ancienne église qui jouxte sa métairie à l'est. Il la démolit en 1838, selon le cadastre, et fait construire une nouvelle maison à la place, qui devient le logis de la ferme. De grandes dalles en pierre, peut-être funéraires, en tout cas de grandes dimensions, sont réutilisées dans le sol à l'intérieur du logis : bien que désormais masquées, elles sont l'un des rares témoins encore en place de l'ancienne fonction du site.

La métairie est ensuite acquise par Isidor Chevallereau en 1850 puis en 1863 par le propriétaire du nouveau manoir de Beauvoir voisin, Guillaume Fautreau. Elle suit alors le manoir dans ses changements de propriétaire, jusqu'à Ernest de La Corbière. Selon le cadastre, c'est lui qui, en 1880, fait démolir l'ancienne métairie de l'Hopitau (parcelle E 325), ne conservant que quelques éléments des bâtiments. Les granges notamment sont reconstruites, au moins en partie. La plus grande reprend le plan et l'emplacement de l'ancienne grange dîmière observée sur le cadastre de 1819. A la même époque, la maison qui a remplacé l'église est reconstruite. Depuis 1882, elle appartient à Charles Allenet. Le cadastre mentionne enfin une augmentation de construction en 1906. C'est aussi à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle qu'est édifié le bâtiment longiligne à l'ouest. A l'origine, sa partie centrale, couverte en tuiles creuses, étaient encadrée par deux corps latéraux, plus hauts et couverts en ardoises ; la partie central et la partie nord constituaient une bergerie, et la partie sud un hangar à charpente métallique.

La ferme continue à être exploitée jusqu'en 1981. Abandonnée, au bord de la destruction, elle est restaurée dans les années 1980 et devient une ferme équestre. La bergerie-hangar à l'ouest est alors transformée en boxes à chevaux, avec une surélévation de la partie centrale. Les murs des dépendances sont relevés, la mare est curée et rétablie.

Description

Située au terme d'un chemin d'accès, la propriété comprend plusieurs bâtiments répartis autour de deux cours. A l'ouest de la première cour et de l'ensemble se trouvent les boxes à chevaux, répartis dans un bâtiment longiligne. Couvert en tuiles creuses, ce bâtiment comprend les quatorze boxes au rez-de-chaussée, surmontés par des fenils. Des piliers en pierre, intercalés entre les boxes, scandent la façade. De l'autre côté de la cour s'élèvent deux granges à façade en pignon. La plus grande, au centre de la propriété, serait l'ancienne grange dîmière. Elle ouvre à l'ouest et à l'est par une grande porte encadrée par deux plus petites. Les linteaux de ces portes sont en bois, sauf ceux des deux petites portes à l'ouest, en métal. On observe aussi quelques baies sur les faces latérales de la grange. L'autre grange, au nord de la première, est également à façade en pignon. Elle n'ouvre au sud que par une grande porte centrale. Plusieurs baies se trouvent sur les côtés. Un petit hangar jouxte cette grange à l'est.
Au-delà de ces granges commence la seconde cour, plus petite. Au nord, à côté d'un petit jardin clos de murs, se situe une ancienne dépendance. Dans le mur nord du bâtiment, on observe une baie à encadrement chanfreiné. Sur la façade est, une porte offre une particularité : ses montants présentent en partie basse un renflement vers l'extérieur. Plus à l'est se situent d'anciens toits à volailles, et ensuite un puits à margelle carrée. Vient ensuite le logis. Son toit, couvert en tuiles creuses, possède une croupe. Sa façade donne au nord. Elle ouvre par trois travées. La porte centrale présente un arc de décharge en brique. Elle est surmontée par un oculus oval. Au sud du logis s'étend un jardin. Au-delà, vers le sud-ouest, se situe la mare, partiellement entourée par un muret. Vers le sud-est se trouve l'ancien cimetière. Il est occupé par un bois. On y observe ici et là quelques morceaux de pierres tombales. Le plus gros, issu de la tombe de M. Savatte de Genouillé, est un bloc de pierre longiligne. Il s'agit de la partie droite de la dalle funéraire, l'inscription étant en partie tronquée à gauche.

Inscriptions

Sur la tombe de M. Savatte : "[ICI] GIT MESSIRE GABRIEL [AUGUSTIN] PIERRE HILAIRE [SAVATTE] DE GENOUILLE [CHEVAL]LIER DE L'ORDRE [ROYAL ET] MILITAIRE DE SAINT [LOUIS ANCI]EN MAIRE DE [LA] COMMUNE. DES PRIERES [RE]POS A SON AME 26 8 BRE. 1830. SPES UNICA".

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne C 25. 1735, 6 novembre : arrêt du Conseil du roi ordonnant des travaux à l'église de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 1 H 13/4. 1714, 20 juillet : inventaire des titres du prieuré-cure de Mignaloux, mentionnant une sentence du 26 septembre 1618 au sujet du service de l'église de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/43. 1676, 10 août : papier des cens et rentes dues par moitié au commandeur de Beauvoir et à l'abbaye de la Trinité de Poitiers.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/43. 1718, 21 février : lettre du curé de Beauvoir au lieutenant général de Poitiers au sujet de travaux à réaliser à l'église.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/931 à 936. 1393-1777 : archives de la commanderie de la Roche-Villedieur, commanderie de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/931. 1187, lendemain de la Saint-Luc : accord entre les hospitaliers de Jerusalem et l'abbaye de la Trinité, à la suite d'un procès concernant leurs biens respectifs à Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/931. 1447, 26 juillet : sentence de la sénéchaussée de Poitiers au sujet du service de l'église de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/931. 1494, 31 janvier : baillette de terres par frère Antoine Charron, commandeur de la Villedieu et Beauvoir, à Richard Delye alias Cardin, marchand à Poitiers.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/932 : 1619-1660 : contentieux entre le commandeur de Beauvoir, les habitants de Beauvoir et le prieur de Mignaloux.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1757, 7 mai, 1769, 6 novembre, et 1774, 25 juin : procès-verbaux de visites de la commanderie de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1767, 18 mai : mémoire des réparations à faire à la charpente de la grange de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/936. 1655 : terrier de la terre et seigneurie de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne J 93. 1834, 15 et 25 mai : vente de l'église et de la métairie de l'Hopitau de Beauvoir à Antoine Petit.
Archives départementales de la Vienne 1 Q 527. 1792, 18 décembre : estimation de la métairie de l'Hopitau de Beauvoir, saisie comme bien national.
Archives départementales de la Vienne 1 Q 527. 1794, 8 mai (19 floréal an 2) : adjudication de la métairie de l'Hopitau de Beauvoir.
Archives municipales de Mignaloux-Beauvoir, registres des délibérations du conseil municipal. Séances en 1807, 1810, 1811, 1814 et 1832
Archives municipales de Mignaloux-Beauvoir. Archives de Robert Petit.
Archives Evêché Poitiers F4. 1856 : enquête épiscopale.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 21, 22, 25, 27, 40, 42, 43, 69, 75, 94, 97 à 99

● Annexe 1 :

Histoire de l'église et du cimetière de Beauvoir :

La paroisse de Beauvoir avait pour siège le site de la commanderie, où elle jouxtait la métairie de l'Hopitau. Cette paroisse s'étendait sur tout le sud de l'actuelle commune de Mignaloux-Beauvoir, jusqu'à, et y compris, la Ganterie au nord-ouest, la Moudurerie à l'ouest, la Cigogne au nord et les Bruères au nord-est. Selon certains documents, la chapelle qui servait d'église paroissiale aurait été construite au 14e siècle pour l'usage personnel du commandeur. Elle était vouée à Saint-Nicolas. En 1653, selon un terrier de la commanderie, elle faisait 16 mètres de long sur 8 de large, et était couverte en tuiles creuses. Un clocher, sans doute clocher-mur comme l'actuelle église de Mignaloux, surmontait le pignon par lequel on entrait. A l'intérieur se trouvaient trois autels. L'utilisation de l'église fait à plusieurs reprises l'objet d'un contentieux entre les habitants de Beauvoir et le commandeur. Pendant longtemps en effet, celui-ci refuse d'attribuer un prêtre à demeure à cette église, et c'est le curé de Mignaloux qui vient dire la messe de temps en temps. Le 26 juillet 1447 déjà, une sentence de la sénéchaussée de Poitiers enjoint au commandeur de Beauvoir, Jean Roy de faire desservir l'église et de faire administrer les sacrements aux habitants par le curé de Mignaloux. Le 26 septembre 1618, une autre sentence ordonne le transfert du service du culte vers l'église de Mignaloux. Celle de Beauvoir est en effet en trop mauvais état, et surtout le commandeur, Claude de Liniers estime que cette chapelle est réservée à son usage privé. Les paroissiens contestent cette affirmation. Une chapelle est installée dans une maison de particulier en attendant le règlement du litige. Le 7 décembre 1658, une enquête est menée auprès de la population. Elle donne une brève description de l'église de Beauvoir : s'y trouvent un autel principal et deux latéraux, et à l'entrée les vestiges d'un bénitier ou de fonts baptismaux. Le 13 novembre 1660, un arrêt du Conseil du roi déboute le commandeur au sujet de dîmes qu'il réclamait au curé de Mignaloux. Le 18 mars 1676 enfin, le nouveau commandeur, Antoine Deraghy de Vitré institue une cure ou vicariat perpétuel à Beauvoir. Jean de La Chèse, prêtre du diocèse de Limoges, devient curé de Beauvoir. Décédé le 5 septembre 1693, à 48 ans, il est inhumé dans l'église. Au cours du 18e siècle, des travaux sont effectués, ou au moins envisagés, dans l'église. En 1718, il apparaît que le choeur doit être pavé, et que des vêtements sacerdotaux doivent être achetés. En 1735, des travaux sont menés sur la nef par Léonard Ayrault et Jean Texier. En 1769 enfin, une nouvelle liste de travaux et d'achats à réaliser, est établie. Elle mentionne le maître autel avec un tabernacle à ailes et une exposition, des chandeliers en bois, un ostensoir, un ciboire et des fonts baptismaux.

Le cimetière qui jouxte l'église, au sud, est mentionné à plusieurs reprises, à l'occasion de travaux ou des inhumations relevées dans les registres paroissiaux. L'enquête de 1658, ci-dessus, y indique une croix hosannière. La visite de 1769 précise que le cimetière devra être clos de murs. Le 18 février 1773 a lieu dans le cimetière la sépulture de Marie-Anne Loysillon de Bois-Joly, veuve d'Hilaire Morineau, le propriétaire de la Boissonnerie (actuellement manoir de Beauvoir). L'église aussi sert parfois de lieu d'inhumation, par exemple le 28 mars 1749 pour Louis Touzalin, curé de Beauvoir, ou encore le 7 avril 1774 pour le gendre des Morineau, Gabriel Benouët de Chillerie.

A la Révolution, si elle est saisie comme tous les biens de la commanderie de Beauvoir, l'église n'est pourtant pas vendue et lorsque le culte est rétabli en 1801, elle devient la seule église paroissiale de la nouvelle commune de Mignaloux-Beauvoir. L'église de Mignaloux en effet a été vendue et ne peut servir au culte. Toutefois, la petite église de Beauvoir est en mauvais état et l'argent manque pour la réparer. En 1807 par exemple, le conseil municipal examine des dépenses urgentes à faire à l'église, notamment pour l'achat d'ornements : des aubes, des nappes d'autel, des nappes de communion. Surtout, en 1822, l'église de Mignaloux est donnée à la commune et rouvre au culte. La vieille chapelle de Beauvoir perd donc de son intérêt. La translation à Mignaloux de la succursale de Beauvoir est prononcée par ordonnance royale du 15 janvier 1823. Le 14 mai 1832, le conseil municipal décide de vendre le cimetière et l'église de Beauvoir qui tombe en ruines, afin de financer les réparations à faire au presbytère et au cimetière de Mignaloux. La vente a lieu les 25 mai et 16 juin 1834. Elle comprend aussi les fonts baptismaux, le bénitier, le confessionnal, la chaire, des balustrades, les boiseries des trois autels, tous les tableaux, deux bancs, le marchepied de l'autel et un prie-dieu.

L'acquéreur de la vieille église est Antoine Petit, déjà propriétaire de l'ancienne métairie de l'Hopitau voisine. Il démolit la chapelle en 1838 pour construire une maison à son emplacement, avec les matériaux de démolition. Une enquête épiscopale de 1856 indique que des ornements de l'église de Beauvoir ont été transférés dans celle de Mignaloux, notamment une pierre d'autel. Quant au cimetière, désaffecté, il est racheté en 1834 par François-Hippolyte Doré et Gabriel-Louis-Marie de Savatte, dont le père a été inhumé là quatre ans plus tôt. En 1894, il appartient à Ernest de La Corbière, propriétaire du manoir de Beauvoir, et à Anthony de Pertat, héritier des Doré. Le cadastre indique que l'ancien cimetière est alors rendu à la culture. A cette époque, il reste encore des pierres tombales notamment celle de M. Savatte, encore visible aujourd'hui, et celle de Suzanne Thoreau, épouse Guériteau, née en 1733, décédée en août 1821 à la Milletrie.

● Annexe 2 :

3 H 1/936. 1655 : terrier de la terre et seigneurie de Beauvoir.
"Une chapelle située au lieu de l'Hospitau de Beauvoir, laquelle est bâtie proche de la maison et métairie du dit lieu de l'Hospitau, estant la ditte chapelle de longueur de quarante huits pieds et de la largeur de huit pieds, couverte de tuilles courbes et bien couverte et entretenue, au dedans de laquelle chappelle y a trois autels de pierre, icelle couverte de tuilles courbes et bien entretenue, au haut du premier pignon y a une cloche, et la porte et entrée dans le dit pignon qui est bonne, garnie de ferrure et fermant à clef.
Plus une maison et métayrie en laquelle fait sa demeure François Godu, métayer et collon d'icelle, qui consiste en une chambre basse, un grenier par-dessus, et à côté une autre chambre non planchonnée en laquelle y a un four, et au bout du dit fourniou y a une grande écurie, le tout bien entretenu de couverture et portes, icelles fermant à clef.
Et par le derrière de la dite chappelle et des susdits logements, y a de vieilles mazures et des jardins ou ouches qui contiennent douze boisselées de terre ou environ (...].
Et au devant les dittes maisons y a une grange qui en dépend dans laquelle le métayer serre ses blés et fruits qui se recueillent dans les terres et prés dépendants de la métayrie (...).
Plus y a une autre grange dans laquelle on serre les dixmes et terrages qui se recueillent au dedans de la ditte seigneurie de Beauvoir qui est commune entre ledit sieur commandeur et les dames abbesse et religieuses de la Trinité (...).
Et au devant les dittes maisons et granges y a un beau vivier ou mare remply d'eau qui sert à abreuver le bétail".

● Annexe 3 :

2 H 2/43. 1718, 21 février : lettre du curé de Beauvoir, Louis Tousselin au lieutenant général de Poitiers, concernant des dépenses urgentes à faire à son église.
"Faire racommoder le choeur qui est sans pavés, faire un marche-pied devant l'autel, achter une chasuble blanche avec son étole et manipule et le voile, une chasuble rouge, une verte, une noire avec leurs ensembles, un devant d'autel, des nappes d'autel, des amicts et ceintures, deux livres de chant, un tableau pour le grand autel, l'actuel tombant en morceaux étant tout pourri".

● Annexe 4 :

3 H 1/933. 1769, 6 novembre : visite de la commanderie de Beauvoir constatant les réparations à faire à l'église, la métairie et la grange dîmière.
"Eglise, choeur. Savoir au maître autel de l'église seront raccomodés et repeints à neuf les gradins de même que le tabernacle et l'exposition ou niche refaite plus solidement. Les quatre grands et deux petits chandeliers de bois seront refaits à neuf. Les cartes seront refaites et les deux coussins pour appuyer le missel seront regarnis. Sera fourni un bassin pour les cannettes, le soleil du Saint Sacrement sera reblanchi, redressé et le croissant doré. Le Saint ciboire sera rebattu et doré, et la custode refaite et pareillement dorée. Sera fourni deux napes d'autel de toile blanche de deux aunes et demi pièce, dont une de grosse toile pour être pliée en deux. Des trois qui sont mauvaises en sera refaite une nape de communion. Sera fourni à neuf une aube, une guimpe, un rochet et une ceinture. Sera fourni à neuf une nappe en toile peinte pour servir de tapis pour couvrir le dit maître autel. Seront relevés quelques pavés dans le choeur.
Nef, fonds baptismaux. Les fonds baptismaux seront refaits à neuf pour que l'eau ne puisse se perdre, et que le bassin ne puisse sortir aisément. M. le Commandeur sera invité de veiller que la dite nef par les habitants comme à leurs charges soit réparée de même que la fermeture d'entrée soit faite convenablement pour la sûreté de l'église. Pareillement le dit seigneur Commandeur sera chargé de faire connoître à la communauté la nécessité de faire clore le cimetière.
Métairie. Dans la chambre du métayer sera reposé à neuf un lissoir au plafond devant la cheminée. Au toit à pourceaux en sera refait le pignon auquel la porte est attachée. Au toit à poules sera racommodé le bouzilli des pants de bois des deux fassades et recrépis en dehors. Le bas du mur de la fassade du toit à brebis sera rehaussé à chaux et à sable.
Grange du métayer. A un des vanteaux de la grande porte sera rechangé un bourdonant, à la charpente de la dite grange sera rechangé le festage à prendre de la première ferme jusqu'à la troisième, et définitivement sera repris à neuf environ trois toises quarrée de mur qui fait séparation de la grange d'avec l'écurie à commencer du mur de la porte qui y communique jusqu'au pignon de face".

● Annexe 5 :

Liste des curés de la paroisse de Beauvoir :
Jehan Jordain, cité en 1482 ; Jean de Lachèse 1676-1693 ; Louis Tousselin 1694-1749 ; Philippe Pallu, 1749-1773 ; Siouneau 1773-1784 ; Lefort 1784-1786 ; Jean-Pierre Dubois 1786-1792.



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