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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / Gros Puits / 1095 route de Beauvoir ; 53 route de Brazoux
Manoir et métairie de Gros Puits, actuellement maisons

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le manoir de Gros Puits vu depuis le sud-est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Le domaine tire probablement son nom de sa proximité avec le lavoir ou puits commun aux habitants de Beauvoir, qui se trouvait à l'angle de rues, à l'ouest. Le lieu-dit est cité pour la première fois en 1636, et comprend en 1676 trois entités : le domaine de Gros Puits, propriété de Maurice Roatin ; une maison avec cellier et boutique de maréchal-ferrant appartenant à Pierre Béchemeil ; et une maison appartenant à la veuve Pellaud.
Le domaine de Gros Puits a dû être acheté par Maurice Roatin après qu'il ait dû vendre la Rouartinière, en 1648. En 1653, il rend déclaration au commandeur de Beauvoir pour une maison, sans doute Gros Puits, qu'il a acquis des héritiers de feu Philippe Perraud. En 1745, le domaine appartient à Marie-Renée Petit, veuve de Pierre Mignot, procureur au présidial, et héritière de Nicolas Petit son père. Elle possède aussi la Touratrie, au sud, et la Martinière, à l'ouest. Gros Puits consiste alors en une maison pour le métayer et une pour le bordier, et surtout une maison de maître : il s'agit probablement de celle que l'on peut voir encore aujourd'hui, et dont l'architecture permet de la dater de la première moitié du 18e siècle. En 1745, cette demeure est composées de cinq chambres basses, avec grenier, plus une grange, un four et fournil, une buanderie, une écurie, une étable et des toits. Cette description englobe probablement la maison de maître et la métairie voisine, située à l'ouest (n° 1095 route de Beauvoir). Le tout appartient plus tard, en 1803, à Jean-Joseph Morineau, ancien émigré et cousin des propriétaires de la Boissonnerie voisine (actuel manoir de Beauvoir). Morineau est décédé en 1838 ; sa tombe se trouve encore dans le cimetière de Mignaloux. Dès avant sa mort, Gros Puits échoit selon le cadastre à Maître Bourbeau, notaire à Poitiers. Après lui, le domaine passe en 1827 au comte de Vitré, puis en 1852 à René-Philippe Pruel, et en 1853 à Adolphe Gras, notaire à Poitiers. Il appartient ensuite en 1893 à Henri Babinet, inspecteur des forêts à Tours, puis en 1898 à Henri Séchet, avocat à Poitiers, et en 1902 à Arthur Girault, doyen de la faculté de droit de Poitiers et maire de Mignaloux-Beauvoir de 1901 à 1931. Il transmet Gros Puits à son fils Henri puis à son petit-fils, Louis Chauvet, maire de Mignaloux-Beauvoir de 1955 à 1965.
Au cours des 19e et 20e siècles, et parallèlement à cette succession de propriétaires, les bâtiments ont connu quelques transformations. Le plan cadastral de 1819 figure la maison de maître, au nord d'une cour comme aujourd'hui, avec son pavillon latéral au nord-ouest (parcelle E 222). A l'intérieur devait se trouver, dans un salon, une cheminée encore visible en 1968 et estimée du début du 19e siècle. Selon le cadastre de 1819, la cour était fermée au sud-est par des communs qui se prolongeaient le long de la rue. Récemment démolis, ces bâtiments dataient, selon certains témoignages, du 18e siècle. Leur façade sur la cour présentait notamment deux niches à linteau en plein cintre et appui mouluré. Sur le cadastre de 1819, un autre bâtiment marquait l'entrée de la cour à l'ouest (parcelle E 218). Démoli en 1841, il a été remplacé par une dépendance, plus en retrait par rapport à la rue. Ce nouvel édifice obstrue désormais l'ancien passage qui reliait la cour de la maison de maître à la rue à l'ouest, et qui constituait l'entrée principale du domaine. Le portail et le mur de clôture qui marquent maintenant l'entrée de la propriété sur la route de Brazoux, sont des constructions récentes.
Auparavant, l'accès au domaine se faisait donc par l'ouest, à travers la cour de la métairie qui se trouvait à côté de la maison de maître (n° 1095 route de Beauvoir). Cette métairie comprenait notamment la vaste grange de plan massé déjà mentionnée sur le plan cadastral de 1819, et aujourd'hui transformée en habitation. L'ancienne métairie comptait aussi une seconde grange plus petite, dans l'angle ouest de la propriété. Elle n'apparaît pas sur le plan cadastral de 1819, et a donc été construite depuis. La pierre qu'elle contient, portant la date 1706, est donc un remploi issu d'un ancien bâtiment démoli.

Description

Le domaine de Gros Puits comprend le logis et ses dépendances au sud-est, l'ancienne métairie au nord-ouest. Le logis donne au sud-ouest sur une vaste cour fermée sur la route de Brazoux par un mur de clôture et un portail à piliers maçonnés et porte piétonne couverte. Le corps principal se prolonge au nord-ouest par un pavillon latéral. Celui-ci est couvert d'un toit en pavillon à ardoises, avec épi de faîtage en zinc, tandis que le corps principal présente un toit à longs pans, à croupe et à tuiles creuses. Le corps principal ouvre côté cour, au sud-ouest, par cinq travées avec porte centrale. Les trois travées au milieu sont plus rapprochées, les deux autres étant renvoyées vers l'extérieur, toujours symétriquement. Entre ces trois groupes de travées, au rez-de-chaussée, se trouvent deux oculi. La porte centrale est marquée d'une part par un perron, d'autre part par un linteau saillant en chapeau de gendarme. Cette forme se retrouve sur la baie d'étage au-dessus de la porte, et qui est séparée de celle-ci par un plein de travée appareillé. Toutes les autres baies ont un linteau en arc segmentaire et un appui saillant voire mouluré. Une baie chanfreinée apparaît à l'étage sur la façade sud-est. La façade arrière du logis, au nord-est, ouvre par quatre travées qui encadrent une porte centrale. Au nord-est du logis s'étend un vaste parc. Son entrée nord-est est marquée par un portail à piliers maçonnés.
L'ancienne métairie (actuellement 1095 route de Beauvoir) est accessible au nord-ouest par un portail à piliers maçonnés et à porte piétonne couverte. Elle comprend plusieurs dépendances ou anciennes dépendances, dont une ancienne vaste grange de plan massé, et une grange plus petite, à façade en gouttereau, perpendiculaire à la rue.

Précisions sur le décor

La cheminée observée en 1968 dans un des salons du logis, présentait un décor antiquisant. Les piédroits étaient constitués de figures féminines dont les poitrines étaient ornées de palmettes et de feuillages, et dont les têtes supportaient le linteau. Sur celui-ci, on observait des palmettes encadrant des griffons.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1653, 17 avril : déclaration rendue par Maurice Roatin pour une maison située au Gros Puits de Beauvoir.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1745, 17 mai : déclaration rendue par Marie-Renée Petit, veuve de Pierre Mignot pour le domaine de Gros Puits.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/935. 1750, 19 août : déclaration rendue par Mathias Dercins pour une borderie au Gros Puits avec boutique de maréchal.
Archives départementales de la Vienne J 22. 1723, 20 décembre : arrentement par les héritiers de Louis Béchemeil et Marie Choisy, à Jean-Thomas Thevin de Châtonneau.
Archives départementales de la Vienne J 22. 1733, 31 juillet : reconnaissance de rente par Hilaire Morineau au profit de Jean-Thomas Thevin de Châtonneau.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 43 à 45

● Annexe 1 :

En face de la métairie de Gros Puits, dans l'angle aujourd'hui formé par la route venant de Mignaloux et celle allant à la gare, se trouvait probablement la maréchalerie des Béchemeil, citée en 1676. Elle était englobée dans une autre métairie, appelée la Barbarinerie. Aux 17e et 18e siècles, elle appartenait à la famille Béchemeil. En 1723, les héritiers de Louis Béchemeil, maître maréchal, et de Marie Choisy sa femme, constituent une rente au profit de Jean-Thomas Thevin de Châtonneau, chanoine de l'église Saint-Hilaire-le-Grand de Poitiers, sur "une maison et borderie appelée la Barbarinerie située au lieu de Beauvoir consistant en une chambre basse, grenier par dessus", avec d'anciens bâtiments et "une boutique nouvellement bâtie en les emplacements de deux morceaux de jardin". La maréchalerie passe ensuite pour partie à Hilaire Morineau, propriétaire de la Boissonnerie (et arrière-grand-père de Jean-Joseph Morineau, cité plus haut). En 1733, il reconnaît devoir la rente à Thevin, comme acquéreur de la part d'un des héritiers Béchemeil. Joseph Béchemeil vit dans cette maréchalerie en 1745, et son gendre Mathias Dereins en 1750. Sur le cadastre de 1819, elle est partagée entre Bourbeau, propriétaire de Gros Puits, et M. Deguillon, de la Rouartinière. Sa vente en 1840 la sépare du domaine de Gros Puits.



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