Vous êtes ici : Région Poitou-Charentes > Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes   > L'agglomération de Poitiers > Dossiers et illustrations
L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

[ Autre recherche ]    [ Liste des réponses ]      |   Imprimer le dossier

Mignaloux-Beauvoir / le Touffenet / 1886 et 1888 route des Colombiers
Château, maison et ferme du Touffenet, actuellement ferme équestre et maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Le logis de la ferme, les dépendances et le hangar vus depuis le nord-est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La ferme du Touffenet est mentionnée dès le début du 15e siècle en tant que métairie relevant du seigneur des Touches, qui est à cette époque Jean Macé. Echevin de Poitiers et receveur du duc de Berry, maire de Poitiers en 1407 et 1409, il est également propriétaire de la métairie des Rosiers, à Mignaloux. Il meurt en 1415. Si le Touffenet disparaît ensuite des archives, certains des bâtiments encore visibles aujourd'hui gardent des traces de l'Ancien Régime. C'est le cas des deux granges-étables, l'une à façade en pignon et l'autre à façade en gouttereau, et en partie du logement du numéro 1888. Les granges-étables ont en effet des implantations anciennes, proches de celles qui figurent sur le plan cadastral de 1819. De plus, la grange-étable à façade en gouttereau est percée, sur son élévation ouest, d'une baie à arc délardé, caractéristique du 18e siècle. En revanche, ses autres percements dateraient plutôt du 19e siècle, notamment la porte couverte d'un arc brisé. L'actuel logement du numéro 1888 résulte de la modification, au 19e siècle, d'un corps de bâtiment qui apparaît plus long sur le plan cadastral de 1819, mais il a conservé certains éléments d'Ancien Régime : l'encadrement chanfeiné d'une porte intérieure et la cave, datée par inscription de 1736. D'autres bâtiments d'Ancien Régime, qui abritaient un autre logement et des dépendances (four et buanderie, grange, cellier, toit à cochons), ont disparu : ils se trouvaient à l'emplacement de l'écurie récemment construite. Le plan cadastral de 1819 témoigne de leur ancienneté, ainsi que quelques fragments conservés dans les murs actuels de l'écurie ou démontés : une baie rectangulaire à encadrement chanfreiné, deux encadrements de portes de grange moulurés d'un tore à profil semi-circulaire, ou encore un pan de maçonnerie de moellons équarris où alternent des assises de petit et moyen appareil.

Le Touffenet regroupait sous l'Ancien Régime plusieurs logements : l'un pour le maître de l'exploitation, et au moins un autre pour son ou ses métayers. Cette situation perdure au 19e siècle. L'épouse d'un métayer décède ainsi à la métairie du Touffenet le 20 novembre 1810. D'après les archives cadastrales, le Touffenet appartient en 1819 à Jean-Joseph-Léonard Devaux, auparavant propriétaire au Magnoux. Autour des bâtiments et des cours (parcelles B 24, 26, 28 et 29), se trouvent alors trois jardins (B 23, 25, 31), six champs (B 21, 22, 30, 33, 34, 35), quatre parcelles laissées en friche (B 27, 32, 37 et 38) et une mare (B 36). Après Devaux, le Touffenet change plusieurs fois de propriétaire au cours du 19e siècle. Il passe en 1838 à son gendre, René-Sincère Gaborit de Montjou (1785-1849), garde du corps du roi puis lieutenant de gendarmerie, puis en 1856 à Enguérand de Guilhermy, de Poitiers, et en 1864 à Henri-Isidore Bourgain. Ces deux derniers font faire des travaux sur les bâtiments. Le cadastre mentionne en effet des constructions en 1856 et 1883, et une démolition en 1885. Ces dates peuvent correspondre à l'édification de l'actuel logis de la ferme (numéro 1886), à l'emplacement de bâtiments plus anciens. C'est aussi à cette époque qu'ont probablement eu lieu les démolition et reconstruction, en plus petit, du corps de bâtiment comprenant l'actuel logement du numéro 1888. Le hangar date de la fin du 19e siècle, tout comme le muret rythmé de piliers maçonnés, qui délimitait l'ancien potager, aujourd'hui une cour, au sud de la ferme. Henri Bourgain est également le commanditaire de la construction d'un château construit au nord du domaine en 1883. Une chapelle y est mentionnée en 1914.

Le domaine connaît d'importantes transformations à la fin du 20e siècle. Le château est démoli entre 1970 et 1973. Il n'en reste que le portail et l'allée d'arbres, probablement plus ancienne, qui en marquaient l'accès. De nouveaux bâtiments d'exploitation, notamment une écurie liée à une nouvelle ferme équestre, sont construits au sud-est et au sud-ouest de l'ensemble. Des dépendances jouxtant le logis de ferme sont transformées en espaces habitables, et la grange-étable à façade en pignon est partiellement détruite. Des toits à veaux, construits au cours du 19e ou du 20e siècle, ont récemment disparu.

Description

Les bâtiments du domaine du Touffenet sont accessibles d'une part au nord-ouest par un chemin de terre perpendiculaire à la route des Colombiers, d'autre part au sud-ouest par une ancienne allée d'arbres. Le principal ensemble bâti forme un T, comprenant : une écurie récente à l'ouest, le logis de ferme (numéro 1886) à l'est, d'anciennes dépendances dans son prolongement (écurie et souillarde au nord-ouest, four au sud-est), à l'arrière vers le nord un hangar, et enfin, au nord de l'ensemble, un logement secondaire (numéro 1888). Le logis de ferme a sa façade principale au nord-est. Avant les remaniements récents, elle présentait trois travées, avec une porte centrale. Les encadrements des baies étaient en briques, tandis que les chaînages d'angle faisaient alterner la brique et la pierre de taille. L'élévation postérieure du logis, au sud-ouest, n'était percée que de petites baies rectangulaires au niveau du comble, et d'une porte. Au sud du logis se trouvait un potager, fermé par un mur en arc de cercle rythmé de piliers. Le hangar qui se trouve en retour d'équerre vers le nord-est est à poteaux de bois. Le chaînage de son mur pignon nord est orné d'une moulure.

Le logement secondaire situé au nord de cet ensemble (numéro 1888), à l'arrière du hangar, donne au sud-ouest sur une cour et au nord-est sur un jardin. Côté cour, il ouvre par des baies dont beaucoup ont été remaniées. A droite de la porte, on observe une pierre d'évier. La cour, dans laquelle se trouve un toit, est en partie dallée de grandes pierres rectangulaires. Le bâtiment comprend un rez-de-chaussée et un grenier. Il est divisée en deux, sur la hauteur, par un mur épais. Au rez-de-chaussée, côté nord-ouest, se trouve une pièce comprenant une cheminée adossée à ce mur. Les montants de la cheminée sont obliques. Le sol de la pièce est dallé de grandes pierres rectangulaires. A droite de la cheminée, une porte à montants chanfreinés donne de l'autre côté du mur, vers une seconde pièce qui comrpenait un four, dont la gueule se trouvait dans la cheminée, et une citerne. Dans cette pièce aussi, un escalier tournant en pierre donne accès à la cave. Celle-ci, creusée dans un sol argileux, comprend une petite salle principale et des niches. A côté de la porte de la cave, une autre petite porte, murée, donnait dans la cour de la ferme à l'est. Elle est d'ailleurs visible sur le pignon est du bâtiment. Le grenier, accessible par un escalier en bois, est divisé en deux par le mur épais déjà observé au rez-de-chaussée. On observe une grande différence de niveau de sol de part et d'autre du mur.

Au nord-est de ce premier ensemble se trouve une vaste grange-étable à façade en pignon. Elle a conservé sa charpente en bois et la structure d'étable à gauche, celle de droite ayant disparu. Une autre grange-étable, à façade en gouttereau cette fois, se situe à l'ouest du domaine. La grange occupe la partie nord-est et l'étable, surmontée d'un grenier, la partie sud-ouest. La grange ouvre au sud-est par une porte piétonne couverte à arc brisé. A proximité de ce bâtiment, vers le nord-est, on observe un château d'eau cylindrique. Sa base est en pierre et sa partie haute en bois.

Le château disparu du Touffenet se trouvait au nord de l'ensemble. Seul son portail d'accès reste visible, au sud-ouest, au bout d'une allée d'arbres menant à la route des Colombiers. D'après une carte postale du début du 20e siècle, ce château était construit en moellons enduits, avec un solin en pierre de taille. Il présentait une toiture en ardoises. Son architecture était marquée par un jeu de volumes complexe : à un noyau en T étaient greffés deux volumes parallélépipédiques plus bas couverts en terrasse, et au nord-ouest une chapelle à chevet à trois pans. Le rez-de-chaussée était surrélevé et surmonté d'un étage carré, puis d'un étage de comble dans les parties les plus hautes. Les toitures étaient ornées de lambrequins et d'épis de faîtage, sans oublier une crête sur le toit de la chapelle. L'édifice, combinant des traits classiques (balustrades, toitures en terrasse) et des traits plus pittoresques (lambrequins, travée de façade en pignon, lucarnes pendantes), était caractéristique des châteaux construits dans le dernier quart du 19e siècle.

Inscriptions

Le linteau de la porte de la cave du logement secondaire porte la date 1736.

Documentation

● Archives

Archives Evêché Poitiers F3. 1914 : enquête épiscopale.

● Bibliographie

Beauchet-Filleau H. ; Chergé Charles de ; Beauchet-Filleau, Paul [éditeur]. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou : t. 3. Poitiers : S.F.I.L., 1905. P. 119 et 645.
Beauchet-Filleau Joseph. Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou : t. 5. Fontenay-le-Comte : Imprimerie Lussaud, 1972. P. 312
Juchault, Pierre, Simmat, Gérard. Le pays de Poitiers. Joué-lès-Tours : Alan Sutton, 1999. P. 62
Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 56, 85 et 86
Rédet, M. L., Dictionnaire topographique du département de la Vienne, Paris : Imprimerie nationale, 1881. P. 414



logos CAP
consulter au centre régional de documentation du patrimoine de Poitou-Charentes