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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / la Moudurerie
Ferme dite "la Moudurerie", actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
La Moudurerie vue depuis le nord. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La Moudurerie a probablement été construite à l'issue de la vente aux enchères de terres dépendant de la commanderie de Beauvoir, le 28 avril 1482. L'acquéreur est Jean Guiot, dit Moudurier, marchand boucher de la grande boucherie de Poitiers. Il s'engage à faire construire une grange et un logement pour le fermier. Un an plus tard, un procès-verbal de délimitation des biens du commandeur de Beauvoir et de l'abbaye de la Trinité, mentionne "une maison et grange naguères bâties par Moudurier dit Guyot". Le site grossit rapidement puisqu'en 1515, il est question du "village de la Moudurerie". En 1653 et 1676, la maison et métairie de la Moudurerie appartient à Françoise Gaultier, veuve de Guillaume Bossé, marchand. Elle consiste en un corps de logis avec chambres basses et hautes, et un grenier par dessus ; puis en une autre maison comprenant deux autres corps de logis avec four, fournil, grange, étables et cour. En 1750, le propriétaire en est Michel Roy, marchand chandelier à Poitiers, qui tient sa boutique près de la cathédrale. Un contentieux l'opposant au commandeur de Beauvoir, est l'occasion d'établir en 1763 un plan de la Moudurerie et de ses terres. Sur cette première représentation connue des lieux, outre les terres alentours, on voit les bâtiments répartis en deux ensembles parallèles, de part et d'autre d'une cour. Un vaste édifice, sans doute une grange, occupe le côté sud et avance jusqu'au chemin à l'ouest. Là, un mur et probablement un portail ferment la cour. Au nord se trouve sans doute le logis, puis une grande parcelle plantée en vigne et ponctuée de noyers. A l'est, la cour est délimitée par une petite dépendance et par un mur qui la sépare d'un jardin.
Après Michel Roy, la Moudurerie passe à son gendre, Jacques Martin. A sa mort en juillet 1790, l'ensemble échoit à sa fille Jacqueline qui épouse peu après Joseph-Ambroise Chevalier, homme de loi à Poitiers. Il vit à la Moudurerie et est maire de Mignaloux de 1802 à 1805. En 1809, selon la date inscrite sur un pilier du portail, la ferme connaît des travaux de construction ou de reconstruction. C'est sans doute à cette époque que le logis notamment est transformé : une aile qui avançait jusqu'à l'entrée de la cour, est démolie, une autre est construite à l'est, sur une partie du jardin, pour relier le logis à la petite dépendance. C'est en tout cas sous cette forme que la ferme apparaît sur le plan cadastral de 1819. La vaste grange y est toujours représentée. Une mare se trouve à l'ouest, de l'autre côté du chemin. L'ensemble appartient alors au fils de M. Chevalier, André-Ambroise. La Moudurerie est ensuite achetée en 1831 par la veuve Meunier, puis par Jacques Pestre en 1836, par Pierre Chambelland, notaire, en 1871, et enfin par Xavier-Célestin Deloze, avoué à Poitiers, en 1869. Les Deloze sont également les constructeurs en 1886 du chalet de Maupertuis, tout proche. Selon le cadastre, une démolition intervient à la Moudurerie à la même date : elle concerne peut-être la grande grange, aujourd'hui réduite de moitié par rapport au début du 19e siècle. Une augmentation de construction est enfin mentionnée en 1902. La Moudurerie, comme le chalet de Maupertuis, appartient à la famille Chauvineau depuis les années 1920.

Description

L'ancienne ferme comprend plusieurs bâtiments répartis autour d'une cour, plus quelques-uns au-delà, vers l'est. La cour est délimitée au nord par un mur de clôture interrompu par un portail à piliers maçonnés. A l'est de la cour se trouve le logis, perpendiculaire à la voie. Il est encadré par des dépendances dont certaines, au nord, transformées en logements. Il ouvre sur la cour, à l'ouest, par trois travées avec porte centrale. Au sud, on observe de petites dépendances en prolongement du logis puis en retour d'équerre, dont probablement une écurie. Devant l'aile en retour d'équerre se trouve un puits. Au-delà, séparés du reste, on observe des toits à porcs. Plus loin, vers le sud-ouest, un hangar fait la séparation avec la propriété voisine. Une grange à façade en pignon occupe enfin le côté ouest de la cour. Elle comprend sur le côté une étable. Sur sa façade sud, en pignon, on observe une baie dans laquelle a été remployé un montant chanfreiné.

Inscriptions

Sur le pilier gauche du portail, on lit : "Fait en 1809".

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 2/43. 1483, 7 juin : procès-verbal de montrée à la requête de l'abbaye de la Trinité, des biens appartenant à Marc Guyot dit Moudurier, Alexandre et Jehan Moudurier ses enfants, et à Jehan Gailhardon dit Camus.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1653, 5 juin : déclaration rendue au commandeur de Beauvoir par Françoise Gaultier, veuve de Guillaume Bossé, pour sa maison et métairie de la Moudurerie.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1751, 30 avril : déclaration rendue au commandeur de Beauvoir par Michel Roy pour la métairie de la Moudurerie.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1763, 24 avril : "Plan figuré et géométrique de la métairie de la Moudurerie et d'une partie des dépendances situées paroisse de Beauvoir relevant de la commanderie de Villedieu", par Jean Boistard, arpenteur et géomètre.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 45-47 et 74



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