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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
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Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / la Ganterie / 64 allée de la Ganterie
Ferme, actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
La ferme vue depuis le sud-est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Le cadastre de 1819 fait apparaître à cet endroit une métairie, dont certaines dépendances actuelles sont peut-être les témoins. C'est notamment le cas de la grange qui présente encore une baie à encadrement chanfreiné, signe d'une construction d'Ancien Régime. Selon le cadastre, la ferme appartient en 1819 à Homère Ancelin, marchand à Poitiers. Après lui, elle passe à Paul Grimaud, négociant à Poitiers, puis en 1875 à Pierre Bréchon. Il reconstruit la maison en 1885. La ferme passe en 1904 à son probable gendre, Paul Sabourin-Bréchon.

Description

Cette ferme comprend un logis, côté sud-ouest, auquel est accolé, à l'arrière et sur le côté nord-ouest, un vaste bâtiment de dépendances. Construit en L, il enserre le logis et comprend en particulier une grange. Une autre dépendance se trouve à l'écart, au nord-ouest. Le logis ouvre au sud-ouest par trois travées avec porte centrale. Celle-ci, au linteau et aux montants délardés, est surmontée par un oculus quadrilobé. La grange ouvre notamment par deux grandes portes charretières : l'une vers le sud-est, sur la façade en pignon, l'autre vers le nord-ouest, sur un mur gouttereau. A côté de cette seconde porte se trouve une baie à encadrement chanfreiné. Avec d'autres ouvertures, elle éclaire une dépendance, peut-être un fenil et une étable, abritée sous le même toit que la grange. La dépendance au nord-ouest de la ferme comprend des toits et un four ou buanderie.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 1 H 13/14. 1482, 21 février : sentence de la sénéchaussée de Poitiers attribuant à l'abbaye de la Celle une partie du produit de la vente aux enchères de la maison de la Ganterie.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1605, 25 juin : déclaration rendue par Jehanne Guynereau veuve de Pierre Pidoux pour la maison et métairie de la Gantrie.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1615, 18 mars : acte de vente par Jehan Jutteau sieur du Doignon et Marthe Pidoux son épouse, à Etienne Lanais, sieur de Granbois, d'une maison et métairie appelée la Gantrie.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1645, 23 novembre et 1664, 22 août : déclarations rendues par Jacquette Barbillon veuve de Raymond Sabourin, puis par Louis Bruneau, curé de Smarves, pour la métairie de la Petite Gantrie.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/44. 1646, 2 février : déclaration rendue par Jehan Constant et Catherine Lemaye sa femme, pour un corps de logis appelé la borderie de la Ganterie.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1715, 3 mars : déclaration rendue par Antoine Champeau, cordonnier à Poitiers, pour une maison et métairie appelée la Petite Gantrye.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/41. 1715, 12 juillet : déclaration rendue par Messire Pierre-Alexandre Lecomte, seigneur de la Couture, à cause de Marie-Louise Coustant de la Gantrie son épouse, pour un corps de logis appelé la borderie de la Gantrie.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/931. 1565, 15 septembre : acte d'échange par lequel Antoine Richard et Marie Penisault son épouse cèdent à Pierre Pidoux une métairie appelée la Ganterie.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1605, 25 juin : déclaration rendue par Jehanne Guyonneau veuve de Pierre Pidoux pour la maison de la Gantrye.

● Annexe 0 :

Le lieu-dit de la Ganterie est mentionné pour la première fois en 1322 sous le nom de "Ganteria". Il est construit sur des terres dépendant de l'abbaye de la Trinité de Poitiers. La "maison de la Ganterie" apparaît en 1482 lorsqu'une partie de ses récoltes est saisie pour dettes au profit de l'abbaye de la Celle de Poitiers. Le 15 septembre 1565, la métairie de la Ganterie est acquise auprès d'Antoine Richard, procureur fiscal de la baronnie de Preuilly, et de Marie Penisault son épouse, par Pierre Pidoux, marchand à Poitiers. Le 25 juin 1605, Jehanne Guyonneau, veuve de Pierre Pidoux, sieur de Mallaguet, pair et échevin de Poitiers, rend déclaration à l'abbaye de la Trinité de Poitiers pour sa maison "de la Gantrye" qui en dépend. Sa probable fille et héritière, Marie Pidoux, épouse de Jehan Jutteau, sieur du Doignon, revend le domaine le 18 mars 1615 à Etienne Lemaye, seigneur des Minières, époux de Jacquette du Vignaud. Il passe ensuite à son gendre, Jean II Constant, écuyer, seigneur des Chézeaux, avocat du roi au présidial de Poitiers, et époux de Catherine Lemaye. La déclaration que Constant rend le 2 février 1646 à l'abbaye de la Trinité parle d'un corps de logis "appelé la bourderie de la Ganterie". Il consiste en deux chambres, l'une haute et l'autre basse, un grenier par le dessus, avec une petite grange et un cellier, une écurie, un four, un toit et une cour, le tout renfermé de murailles, avec "porte bâtarde en pierre de taille pour entrer et sortir". A la mort de Jean II Constant, la Ganterie passe à son fils cadet, Charles, conseiller au présidial de Poitiers, et d'ailleurs titré seigneur de la Gantrie. Le domaine échoit ensuite au fils de Charles, Etienne Constant, également seigneur de la Gantrie, puis à la fille de ce dernier, Marie-Louise (1690-1762), épouse de Pierre-Alexandre Lecomte, seigneur de la Couture (1687-1767). Le 12 juillet 1715, ce dernier rend d'ailleurs déclaration l'abbaye de la Trinité. Le document montre que les bâtiments ont évolué depuis le milieu du 17e siècle puisqu'à côté de la borderie décrite en 1646 puis dans les mêmes termes en 1715, s'élèvent désormais "les maisons et bâtiments de la métairie de la Gantrie consistant en deux chambres basses, un grenier par-dessus, une grange, une étable à boeufs et à brebis, un colombier, une cour, un jardin, le tout renfermé de murailles avec une grande porte charretière".
Par ailleurs est apparue au milieu du 17e siècle une troisième exploitation, la "Petite Ganterie". Le 23 novembre 1645, Jacquette Barbillon, veuve de Raymond Sabourin, avocat au présidial de Poitiers, en rend déclaration à l'abbaye de la Trinité. Le 22 août 1664, selon un acte similaire, c'est Louis Bruneau, curé de Smarves, qui en est propriétaire. La métairie consiste alors "en une chambre basse, fourniou, grenier par-dessus, grange, toit, avec ses cours, courtillage, clausures, chènevières à présent en jardin et pré étant tout autour de la dite maison". Le 3 mars 1715, elle est la propriété d'Antoine Champeau, cordonnier à Poitiers.
Sur le cadastre de 1819 figurent trois fermes au lieu-dit de la Ganterie. Elles pourraient donc correspondre à la métairie et à la borderie de la Ganterie et à la métairie de la Petite Ganterie. L'attribution de ces trois dénominations aux fermes ou anciennes fermes actuellement observées à la Ganterie, est difficile. La Petite Ganterie pourrait être soit le 64 soit le 105 allée de la Ganterie : dans la seconde moitié du 19e siècle, selon le cadastre, Pierre Bréchon, propriétaire des deux, habitent en effet à la Petite Ganterie, sans plus de précision.



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