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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / Beauvoir / 228 route de la Rouartinière
Manoir de la Rouartinière, actuellement maison

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue aérienne de la Rouartinière. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Beauvarlet, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

La Rouartinière est citée pour la première fois le 1er juillet 1624. Il s'agit alors d'une "maison" consistant "en bâtiments, métairie, borderie, terres", etc. Jehanne Lauvergnat en rend déclaration au commandeur de Beauvoir. Epouse de Pierre Santreau, écuyer, sieur de Davayolle, elle en est propriétaire en tant que veuve de Pierre Roatin, sieur de Beauvoir. C'est de ce dernier, ou de sa famille, que le domaine semble tirer son nom. La famille Roatin est aussi présente à la même époque à la Cigogne. Le 11 février 1648, Maurice Roatin, sieur de Beauvoir, peut-être fils des précédents, vend sa demeure, où il vivait, à Anthoine de Gennes, maître chirurgien à Poitiers, avec la maison et métairie exploitée par Mery Deschamps, colon et métayer, et la borderie exploitée par Jehan Méron. Antoine de Gennes rend déclaration de ses nouveaux domaines au commandeur de Beauvoir le 20 mai 1653. Le document précise que la borderie s'appelle désormais la Belleterie [située au sud-ouest selon le cadastre de 1819, parcelle 254]. Le 7 décembre 1663, la veuve d'Antoine de Gennes, Marie Gaultier revend la Rouartinière et ses dépendances à François Barré, chanoine de l'église de Poitiers. Il en est encore propriétaire en 1694 quand un arrêt du Parlement le condamne à payer des droits dus à l'abbaye de la Trinité de Poitiers. En 1751, on retrouve la Rouartinière dans les mains cette fois de Jean-Marie du Vigier, chevalier, seigneur de Mirabal.
Lorsque la Révolution survient, la Rouartinière appartient à Jean Deguillon. Emigré, ses possessions sont saisies comme biens nationaux. Le domaine est vendu aux enchères le 10 novembre 1794. En dépendent quatre métairies qui sont, selon le cadastre de 1819, celle de la Prévôté, au nord (parcelle 265), celle de la Belletrie, au sud-ouest (parcelle 254), celle de la Chaume ou presbytère de Beauvoir, à l'ouest (parcelle 242), et la ferme située de l'autre côté du chemin, également à l'ouest (parcelle 258). L'acquéreur de tous ces domaines n'est autre que le propre gendre de Deguillon, Paul-Thimotée Doré, officier d'état civil de la municipalité de Beauvoir. Doré s'installe alors à la Rouartinière. Sa fille Jeanne-Céleste y naît le 19 février 1795. Mariée plus tard à Joseph de Montjon, c'est aussi à la Rouartinière qu'elle donne naissance à son fils, Paul de Montjon, le 2 août 1821.
A cette époque, selon le plan cadastral de 1819, la Rouartinière apparaît déjà constituée de bâtiments répartis autour d'une cour, accessible par une entrée située sur le chemin à l'ouest. Mais la disposition de l'ensemble a depuis changé à l'initiative des propriétaires successifs. Après Paul-Thimotée Doré, son fils François-Hippolyte est maire en 1860 et jusqu'à sa mort, survenue à la Rouartinière, le 1er mai 1861. C'est probablement à eux que l'on doit la construction du logis actuel, à l'emplacement d'un plus ancien, dans la première moitié du 19e siècle. En 1883, selon le cadastre, la Rouartinière est vendue sans ses métairies. Elle passe à René Servant, de Poitiers, puis à Jacques Servant, sans doute son fils. Entre 1898 et 1900, selon le cadastre, d'importants travaux sont réalisés. C'est peut-être à cette occasion, ou avant, que plusieurs corps de bâtiments qui entouraient la cour ont été remplacés par les deux ailes de communs actuellement observées. Ainsi a disparu un bâtiment qui fermait la cour au sud-ouest, et une mare qui le jouxtait au sud, là où se trouvent maintenant une grille et un portail.

Description

La Rouartinière comprend des bâtiments disposés en U autour d'une cour : un logis sur le côté est, des communs au nord et au sud. A l'ouest, une grille et un portail, supportés par quatre piliers maçonnés, ferment le domaine. L'aile nord des communs longe la rue et comprend un passage couvert qui y débouche. Le logis est constitué d'un corps principal rectangulaire auquel est accolée, dans l'angle sud, une avancée à toit en pavillon et demi-croupe. Le corps principal est lui-même surmonté d'un toit à demi-croupe. Le tout est couvert en ardoises et présente des épis de faîtage. La façade ouest du logis, sur cour, est scandée par cinq travées, dont les deuxième, quatrième et cinquième sont prolongées par des lucarnes à linteau en accolade. Le même type de lucarne se retrouve sur le côté nord du logis. Celui-ci surplombe des dépendances qui relient le logis à l'aile nord des communs. Parmi elles, on observe un pigeonnier de plan carré, surmonté d'un toit en pavillon à ardoises. A l'est du logis s'étend un parc fermé par un mur de clôture et, dans l'angle nord-est, par un petit portail à piliers maçonnés.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne 2 H 2/44. 1648, 11 février : acte de vente de la Rouartinière par Maurice Roatin à Anthoine de Gennes.
Archives départementales de la Vienne 2 H 2/44. 1694, 27 août : arrêt du Parlement condamnant François Barré à payer les lods et ventes dus à l'abbaye de la Trinité pour sa maison de la Rouartinière.
Archives départementales de la Vienne 3 H 1/933. 1624-1751 : déclarations rendues au commandeur de Beauvoir par Jehanne Lauvergnat, veuve Roatin, Antoine de Gennes et Jean-Marie du Vigier pour la maison et métairie de la Rouartinière.

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 39, 40 et 94



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