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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Mignaloux-Beauvoir / le Bourg / route de Limoges ; route de la Gare
Mairie et école, actuellement local associatif

photographie du dossier documentaire, voir légende
L'ancienne mairie-école vue depuis le nord-est. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

C'est à la suite de la loi de 1833 sur l'instruction primaire, et après plusieurs renoncements, que la commune de Mignaloux-Beauvoir se dote d'une école. Le 6 septembre 1835, le conseil municipal décide de louer une maison d'école et d'engager un instituteur. La tenue de la classe semble toutefois aléatoire. Le premier instituteur connu, Pierre Pélisson, n'est mentionné qu'en 1841. Le loyer du bâtiment et le salaire de l'enseignant pèsent sur le budget, et la construction d'une école est ralentie par le fait que la commune est grande, ce qui complique le choix de l'emplacement. En 1850, M. Bain de la Coquerie, propriétaire du château de la Cigogne, propose des locaux à la commune. L'enseignement des garçons mais aussi des filles serait assuré par des religieuses de la congrégation de la Salle de Vihiers. La mise en place de cette école, dans un bâtiment entre le bourg et la Cigogne, prend encore un peu de temps. Elle aboutira en fait à la création d'une école privée. Parallèlement, le salaire d'un instituteur est porté au budget communal. En 1862 pourtant, il n'y a toujours pas d'instituteur à Mignaloux, et c'est celui de Nouaillé-Maupertuis qui assure les fonctions de secrétaire de mairie.

Devant l'insistance de la préfecture, la municipalité se remet en quête d'un local, voire d'un emplacement pour y construire une maison d'école. Le 20 décembre 1871, décision est prise en conseil municipal de déclarer le projet d'utilité publique et d'acheter un terrain dans le bourg, le long de la route de Limoges, appartenant à M. Bain de la Coquerie. Mais celui-ci s'oppose au projet et la municipalité décide de louer une maison au Coudroux. La classe s'y installe donc provisoirement à la rentrée 1872. La municipalité ne renonce pourtant pas à son projet, d'autant que le terrain convoité dans le bourg a changé de mains : en 1871, M. Bain de la Coquerie l'a vendu à Lucien Galineau, maréchal au Mars, qui y a fait construire une maison. La commune l'achète alors à Galineau le 2 juillet 1874. Cette maison comprend un corridor, une chambre basse, une haute et un grenier, et dispose d'un cellier et de toits. Il s'agit de la partie centrale des bâtiments actuels.

Les plans et devis de la mairie-école sont alors établis par l'architecte Baudoin, et les travaux sont lancés en 1875. L'ancienne maison Galineau est transformée en logement d'instituteur : la chambre de l'étage est divisée en deux, et une cuisine est prévue au rez-de-chaussée en plus d'une seconde pièce. Une de ces deux pièces sert toutefois de salle de classe pendant la durée des travaux de construction d'une salle à côté. A la rentrée 1876, les élèves s'installent dans leur nouvelle école, celle du Coudroux est abandonnée. Mais très vite, les locaux s'avèrent insuffisants, garçons et filles sont instruits dans la même salle, les effectifs augmentent. En 1882, la municipalité tentent de prendre le rez-de-chaussée du logement d'instituteur pour y installer la mairie en vain. En 1888 pourtant, les 44 élèves de la nouvelle classe de filles sont installées dans la salle à manger de l'instituteur. Les 46 garçons restent dans l'ancienne salle de classe. Le 27 octobre 1889, le conseil municipal examine un projet d'agrandissement présenté par l'architecte Loisant. Il faut attendre 1892 pour qu'enfin, répondant à un besoin criant, l'école soit agrandie, permettant à l'instituteur de retrouver l'intégralité de son logement, et aux élèves de disposer de plus de place. Une salle de mairie est construite à droite de l'ancienne maison Galineau, une école à gauche. A l'arrière sont aménagés des cours, des préaux et des cabinets. Au devant, le long de la rue, un muret, une grille et un portail ferment une petite cour antérieure. La réception des travaux, réalisés par François Guérin, entrepreneur à Poitiers, a lieu le 3 septembre 1893. Les filles s'installent dans l'ancienne salle des garçons, lesquels prennent place dans la nouvelle construction, au rez-de-chaussée et à l'étage.

Les effectifs augmentant toujours, la création d'une troisième classe mixte est demandée en 1936. Les réparations et les achats de matériel scolaire, donc les dépenses, se multiplient dans les classes et le logement d'instituteur. Un préau est même transformé en salle de classe et cantine. Dès 1930, la municipalité envisage alors de créer un groupe scolaire neuf. En attendant, deux nouvelles classes sont construites en 1938-1939 sur les plans de l'architecte Baudoin. Attenantes à l'ancien bâtiment, elles viennent prendre place au sud. Un logement d'institutrice est aussi aménagé. Le projet de groupe scolaire ressurgit après guerre, notamment après l'ouverture d'une quatrième classe chez les filles en 1945, et en prévision d'une augmentation de population due à l'installation prochaine du centre hospitalier de la Milétrie. Le principe de cette nouvelle construction est adopté par le conseil municipal le 31 janvier 1949, et confié à l'architecte Baudoin. En attendant l'ouverture de la nouvelle école, la quatrième classe et une cantine sont logées dans l'ancienne école privée, au nord de l'église. Le nouveau groupe scolaire n'ouvre finalement ses portes qu'en 1962. Les élèves quittent alors l'ancienne école.

Celle-ci accueille cependant l'école maternelle à partir de 1968. La même année, la gérante de l'agence postale cessant son activité et reprenant son local, cette agence est installée dans un des logements de l'ancienne école, attenant à la mairie. Celle-ci est en effet aussi restée dans ses anciens locaux. Ils sont réaménagés entre 1975 et 1978 : le projet de l'architecte du district de Poitiers comprend un hall d'entrée, un bureau de réception du public, une salle de mariage et de conseil, et un sanitaire au rez-de-chaussée ; à l'étage le bureau du maire et le secrétariat. L'agence postale est déplacée pour lui donner un accès direct sur rue, et un bloc sanitaire est aménagé pour l'école maternelle. Le muret, la grille et les deux portails qui séparaient l'ancienne école de la rue sont abattus. Un des portails est racheté par le propriétaire de la Cigogne, l'autre est installé à l'entrée de la cour à l'arrière de la mairie, sur la route nationale. En 1976, le dernier instituteur à habiter dans les locaux, s'en va. L'ouverture en 1983 de la nouvelle école maternelle, au groupe scolaire, permet de transformer l'ancienne école en lieu de réunion, notamment pour les associations. La mairie quitte l'endroit en 1996.

Description

L'ensemble des bâtiments qui s'étirent le long de la route de la Gare, comprend quatre parties. La partie la plus proche de la route de Limoges, au nord, est l'ancienne mairie. Elle possède un toit en tuiles mécaniques et présente à l'est une façade en pignon. Elle ouvre alors sur la route de la Gare par une porte. Sur le côté nord, route de Limoges, on observe deux fenêtres, puis une porte à l'ouest, sur la cour. Les encadrements de ces ouvertures sont saillants et délardés.
Vient ensuite, après un passage couvert qui mène vers l'arrière à la cour, la partie la plus ancienne de l'ensemble, c'est-à-dire la maison qui a servi de logement d'enseignant. Couverte en tuiles mécaniques, elle possède un étage carré et un comble à surcroît. Elle ouvre à l'est, route de la Gare, par deux travées comprenant chacune une porte et un oculus au comble.
La troisième partie est aussi la plus haute. Couvert en ardoises, ce bâtiment possède un étage carré, séparé du rez-de-chaussée par un bandeau de niveau. Il ouvre à l'est, route de la Gare, par trois travées et quatre baies au rez-de-chaussée, dont deux portes. Les encadrements de ces baies sont saillants.
Adossée à ce bâtiment, une quatrième partie occupe l'extrémité sud de l'ensemble. Elle présente un toit en appentis orienté vers le sud et couvert en tôle. Le bâtiment abrite deux anciennes salles de classe. Il ouvre au sud, sur une cour, par quatre baies larges et hautes, dont deux portes-fenêtres. Deux autres baies du même type se retrouvent à l'est, sur la rue, et une dernière à l'ouest.
Derrière cet ensemble de bâtiments, à l'ouest, s'étend une cour. Elle est fermée au nord, sur la route de Limoges, par un mur de clôture et un portail à piliers maçonnés. Elle est bordée au nord-ouest par un préau, des cabinets et de petites dépendances.

Inscriptions

Sur le linteau de la porte de l'ancienne mairie est inscrit le mot "Mairie", surmonté d'un porte-drapeau. A l'étage du bâtiment le plus haut, au-dessus de la seconde baie du rez-de-chaussée, une plaque faite de plusieurs pierres de taille porte l'inscription : "Mairie et école communale 1892".

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne Série O Mignaloux-Beauvoir. 1836-1958 : dossiers sur les écoles.
Archives municipales de Mignaloux-Beauvoir, registres des délibérations du conseil municipal. Séances en 1832, 1835, 1841, 1848, 1850, 1851, 1862, 1867, 1870 à 1877, 1881, 1888, 1889, 1938, 1968, 1975, 1976

● Bibliographie

Petit, Robert, Mignaloux-Beauvoir découvre son histoire. Mignaloux-Beauvoir : Mairie : Loisirs Animation Mignaloux-Beauvoir, 1994. P. 111 à 119



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