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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Béruges / le bourg
Château de Béruges

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue depuis l'ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

La seigneurie de Béruges, après avoir appartenu aux Lusignan, revient aux seigneurs de Torsay. Entre 1340 et 1453 la guerre de Cent ans fait des ravages. En 1449, Louis d'Authon et sa soeur Catherine cèdent la seigneurie de Béruges à André Chaillé, échevin de la ville de Poitiers qui, le 24 juin 1449, prend possession de la tour, ville, terre et seigneurie de Béruges auxquels il ajoute plus tard le moulin de Cruché. Le château actuel n'existait pas encore, André Chaillé possédait la tour et la seigneurie de la Bordillière, avec un hôtel dont l'emplacement précis est inconnu. Sa petite-fille, épouse de Joachim Tudert, hérite de ses biens et la famille conserve la seigneurie jusqu'en 1654, date à laquelle Claude Tudert cède la seigneurie de Béruges et de la Boudillière à Jean Jaumier, écuyer, seigneur de Saint-Gouard et trésorier de France à Poitiers. Le château, bâti vraisemblablement au début du 17e siècle (salles voûtées du sous-sol, traces de fenêtres à meneau et escalier central), existait alors. Il renfermait une chapelle, bénie le 28 septembre 1641 d'après les registres paroissiaux. Jean Jaumier fait entourer le château de douves sèches et, avec son fils Isaac-Jean, agrandit ses terres, établit un vaste parc clos de murs, fait assécher l'étang de Recullon pour en faire un jardin entouré de douves et aménage les terrasses. Une nouvelle bénédiction de chapelle est indiquée par les sources en 1680. Au moment de la Révolution, les biens de la famille de La Fitte, alors propriétaire, sont vendus au sieur Malteste, négociant, officier municipal à Poitiers. Marcellin Bréchard, banquier à Poitiers, acquiert le domaine en 1845. En 1876, le colombier est détruit et, de 1880 à 1883, Marcel Bréchard fait agrandir le château, par l'architecte Eugène Boyer, et construire la maison de gardiens à l'entrée. Au 20e siècle le château appartient à la famille Bizard.

Description

Entouré d'un parc en partie clôturé d'un mur, de communs et de dépendances, le château de Béruges se compose de plusieurs corps de bâtiments dont un pavillon central, une aile au nord-ouest, une grosse tour au nord-est et une tourelle à l'arrière. Ses élévations présentent quatre niveaux au sud, donnant sur une terrasse dominant la vallée de la Coudre, et trois au nord. La façade, au nord, est pourvue d'un corps central avec une travée d'ouvertures dont la porte. A sa droite sont trois travées d'ouvertures et à gauche deux. Latéralement s'ajoutent les travées de l'aile nord-ouest et de la tour. L'étage de soubassement, ouvre au sud sur la terrasse. Le rez-de-chaussée est de plain-pied avec la cour nord. Au-dessus sont un étage et un haut comble éclairé par des lucarnes.
Face au logis sont deux bâtiments de communs parallèles, entre lesquels une allée bordée d'arbres conduit à l'entrée du parc au nord où se trouve une maison de gardien. A proximité de celle-ci, une ferme est constituée de trois bâtiments séparés : logement, grange et autres dépendances.

Précisions sur le décor

Sur la façade postérieure du château, la porte centrale à décor de fonte est surmontée d'un cartouche gravé des initiales C. B. pour Bréchard et Charreyon (nom de madame Bréchard). Le toit comporte de nombreux amortissements en métal. Au-dessus de la porte de l'un des logements de la ferme est une grande croix peinte.

Documentation

● Archives

Archives départementales de la Vienne : E supplément 391 GG. 1 (Inventaire sommaire des archives antérieures à 1790, T. III, Poitiers).
Archives Privées : documents iconographiques.

● Bibliographie

Bizard, Etienne. Histoire d'un village du Poitou, Béruges. 1968. P. 19-28
Durand Philippe, Andrault Jean-Pierre, dir. Châteaux, manoirs et logis, la Vienne. Editions patrimoines et médias. Niort, 1995. P. 193
Lavault Katy, Lavault Guy. Les châteaux de la Vienne, 1985. P. 310
Roy, Gérard. Béruges (86) - 2005, Itinéraire d'un promeneur. Association Les Amis de Béruges, cahier n°30. 2005, édition Association des publications chauvinoises. P. 50-51, 118-119

● Annexe 1 :

Etienne Bizard. Béruges. Histoire d'un village du Poitou.

[...] Au mois d'avril 1242, Louis IX entra en campagne à la tête d'une armée nombreuse [...] Hugues fut maté par cette intervention de l'armée royale et dut se soumettre. A sa mort, en 1249, la seigneurie de Béruges ne reste plus dans la famille des Lusignan. Elle échoit, probablement par alliance, aux Seigneurs de Torsay, dont le souvenir est conservé à Poitiers dans une chapelle de Notre-Dame la Grande qui porte leur nom. Puis la seigneurie passe chez les d'Authon qui la conservent jusqu'en 1449. Entre 1340 et 1453, la région de Béruges subira, comme tout le reste du Poitou, les vicissitudes de la Guerre de Cent Ans [...].

En 1449, Louis d'Authon et sa soeur Catherine, mariée à « noble homme Jacques de Puyloger, Seigneur de la Rouhaudière », cèdent la seigneurie de Béruges à André Chaillé, bourgmestre et échevin de la ville de Poitiers. Ce dernier, le 24 juin 1449, prend possession des deux tiers par indivis « de la tour, ville, terre et seigneurie de Béruges, en allant et venant par une des voûtes de ladite tour». Plus tard, il achètera l'autre tiers au Seigneur de Puyloger « à savoir le moulin de Béruges (Cruché) et ses dépendances, ouche et fondis touchant à Roche-maison ». André Chaillé avait été garde aux contrats à Poitiers en 1396 puis échevin en 1432. Il devint maire de Poitiers en 1462. On peut voir place Notre-Dame la maison qu'il se fit construire vers cette époque et qui, récemment encore, portait ses armes : « D'azur au chevron d'or, accompagné de neuf chails de même, dont six en chef et trois en pointe ». Il avait acquis à Béruges, dès 1395, des biens possédés par Guillaume Macquigneau, puis en 1404, la seigneurie de la Bourdillière [...]. Il semble bien qu'à cette époque, le château actuel de Béruges n'existait pas et qu'André Chaillé possédait d'une part la seigneurie de Béruges avec les restes démantelés de la tour de Béruges et d'autre part la seigneurie de la Bordillière avec un hôtel dont nous ignorons aujourd'hui l'emplacement [...].

André Chaillé meurt en 1475. La seigneurie de Béruges passe à son fils Pierre, puis, quelques années plus tard, à sa petite-fille Marie. Cette dernière épouse Joachim Tudert, Lieutenent Particulier et Maire de Poitiers, qui, le 27 décembre 1494, rend hommage au Seigneur de Montreuil-Bonin « pour raison des fiefs, maisons et tènements de Béruges et de leurs appartenances ». La seigneurie de Béruges restera pendant cent soixante ans dans cette famille. En 1654, Claude de Tudert, Conseiller du Roi en ses Conseils d'Etat et privé, Lieutenant Général en la Sénéchaussée de Poitou, Seigneur de la Bournalière et de Béruges, « cède sa maison, terre et seigneurie de Béruges et de la Bourdillière, avec droit de haute, moyenne et basse justice, à Jean Jaumier, Ecuyer, Seigneur de Saint-Gouard, Trésorier de France à Poitiers [...].

A l'époque où la seigneurie de Béruges passait entre les mains du Seigneur de Saint-Gouard, le château actuel existait déjà. Il est probable qu'il a été construit tout au début du XVIIe siècle, si l'on en juge par les salles voûtées du sous-sol, par les traces d'anciens meneaux aux fenêtres et surtout par le style de l'escalier central. Il possédait une chapelle dont les registres paroissiaux de Béruges mentionnent la bénédiction, à la date du 28 septembre 1641, en présence de Claude Tudert, par le Curé assisté de Dom Louis de Dampierre, Prieur de l'Abbaye du Pin.

Jean Jaumier de Saint-Gouard cherche à donner plus d'importance au château qu'il vient d'acquérir en l'entourant de douves sèches. Mais cette innovation provoque l'irritation de son suzerain, le Seigneur de Montreuil [...]. Jean Jaumier et son fils, Isaac-Jean de Saint-Gouard qui est né à Poitiers en 1650, s'intéressent beaucoup à la terre de Béruges. Ils l'agrandissent en achetant au Prieur l'étang de Recullons et les prés situés au pied du château ainsi que le coteau boisé qui se trouve en face. Vers 1670, ils établissent autour du château un parc d'une centaine d'arpents (quarante huit hectares), tel qu'il existe encore aujourd'hui et l'entourent d'un mur de 1.730 toises de longueur. Ils font assécher l'étang de Recullon et le remplacent par un jardin bas entouré de douves. Ils aménagent des terrasses au pied du château. En 1677, Monsieur de Saint-Gouard fait placer dans l'église de Béruges ses armes « écartelées de Bretagne et de Rohan, au bas du grand tableau représentant les saints protecteurs de la paroisse, Saint-Gervais et Saint-Protais... Il fait établir dans le choeur un grand banc, le tout par violence et autorité.



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