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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Béruges / le bourg
Donjon dit Tour de Ganne

photographie du dossier documentaire, voir légende
Extérieur de la pointe de l'éperon au nord-ouest. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / G. Renaud, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Site classé le 13 décembre 1945.

Historique

Edifiée sur l'emplacement d'une motte occupée antérieurement, la Tour de Béruges, également dite Tour de Ganne au 17e siècle ou Tour de Guyenne, semble dater de la seconde moitié du 12e siècle. Elle a vraisemblablement été bâtie sur ordre des Lusignan. En 1242, Hugues X de Lusignan, comte de la Marche se rebella contre son suzerain Alphonse, comte de Poitou et frère du roi Louis IX. L'armée royale assiégea alors le château de Montreuil-Bonnin, puis la tour de Béruges qui fut détruite en mai 1242 après un assaut difficile. Aujourd'hui en ruine, la tour conserve néammoins d'importants vestiges.

Description

Située à proximité du bourg, au sommet d'une motte dominant les vallées de la Boivre et de la Coudre, la Tour de Ganne est un édifice fortifié à cinq côtés composé d'un ouvrage de plan carré, prolongée au nord par un éperon et au sud par deux grosses tours de plan circulaire qui en gardaient l'entrée. Elle comporte deux niveaux, constitués chacun d'une salle carrée voûtée en arc brisé, communiquant avec une autre plus petite située dans l'éperon, et une terrasse au sommet. La salle basse, couverte d'une voûte en berceau brisé, communique par un grand arc brisé avec la pièce de l'éperon, en forme d'abside et couverte d'une très large trompe. La salle haute a perdu sa voûte tandis que la pièce nord, dans l'éperon, est de plan octogonal et couverte d'une coupole. Dans le sol du rez-de-chaussée sont un puits et une citerne. Un escalier en pierre aujourd'hui à ciel ouvert, placé entre l'élévation sud et les vestiges de la tour sud-est, permettait la communication entre les niveaux. Il est vraisemblable que d'autres constructions, aujord'hui disparues, accompagnaient cet ouvrage.

Documentation

● Archives

Crozet, René. Recherches sur les sites de châteaux et de lieux fortifiés en Haut-Poitou au Moyen Age, Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4ème série, t.11, 1971-1972. P. 203

● Bibliographie

Baudry, Marie-Pierre. Les fortifications des Plantagenêts en Poitou 1154-1242. Paris, 2001. Comité des travaux historiques et scientifiques, Mémoires de la section d'archéologie et d'histoire de l'art 11.. P. 281-283
Bizard, Etienne. Histoire d'un village du Poitou, Béruges. 1968. P. 18-23
Lavault Katy, Lavault Guy. Les châteaux de la Vienne, 1985. P. 308-309
Redet, Louis. Dictionnaire topographique du département de la Vienne. Paris : J.-M. Williamson, 1989 (1e éd. : 1881). P. 36
Roy, Gérard. Béruges (86) - 2005, Itinéraire d'un promeneur. Association Les Amis de Béruges, cahier n°30. 2005, édition Association des publications chauvinoises. P. 30-31, 233.

● Annexe 1 :

Chabanne, Jean-Pierre. Les notes de Gabriel Thibeaudeau, une contribution intéressante à la connaissance de l'histoire de Béruges.

Notes de Thibaudeau en 1836 : «La tour est l'antique demeure des Lusignan. Elle est située près du bourg au couchant. Les murs de la porte ont 10 pieds d'épaisseur. En entrant on voit un appartement voûté éclairé par 3 fenêtres de 3 pieds de large dans l'intérieur. Elles se terminent en se rétrécissant par une ouverture de 6 pouces de jour élevée à 9 pieds au-dessus du sol intérieur. Ce souterrain ou cette prison a 10 mètres de longueur sur 7 mètres de large, terminée au fond par une voûte qui va en pente en se rétrécissant. Cette ouverture a 4 pieds de large et le fond en pente un pied. La voûte a 4 mètres d'élévation sous la clef. Au nord est un trou carré de 18 pouce [...]. On monte extérieurement par un petit escalier qui conduit à un étage supérieur. Ce sont les restes d'une autre tour attenante à l'édifice. Les murs ont 6 pieds d'épaisseur, 2 larges fenêtres dans l'intérieur se terminant par un jour de 6 pouces de large. C'est encore une prison ronde de 10 pieds de diamètre dont la voûte est percée au milieu [...]. On voit des ruines accolées qui font croire que le fort de Béruges était composé de plusieurs tours réunies ensemble, qui se communiquaient : c'est l'architecture du XIIe siècle».

Extrait du procès-verbal de la Société d'agriculture de Poitiers, séance publique du 26 mai 1830, tome III, p. 116 : «Ce froid cachot sert de boutique à un sabotier [...]». On monte extérieurement un petit escalier qui conduit à un étage supérieur. Ce sont les restes d'une autre tour attenante à l'édifice. Les murs ont 6 pieds d'épaisseur, 2 larges fenêtres dans l'intérieur se terminant par un jour de 6 pouces de large. C'est encore une prison ronde de 10 pieds de diamètre dont la voûte est percée au milieu pour alimenter les prisonniers. On voit encore des ruines accolées qui font croire que le fort de Béruges était un composé de plusieurs tours réunies ensemble, qui se communiquent : c'est l'architecture du XIIe siècle».
En annotation : «Hugues, ses enfants et Isabelle sont forcés de s'humilier devant le roi qui leur pardonne [après la prise de la tour par Louis IX et la bataille de Taillebourg en 1242]. La tour de Béruges dite de Guienne est rasée. Une enceinte en est restée de la hauteur de 2 lances que le roi fit conserver».

Extrait de Hadrien de Valois, Notitia Galliarum, Paris 1675, p. 578 : «En 1645 la tour de Béruges appartenait ainsi que Taillebourg à Henri de la Trimouille, vicomte de Thouars».

● Annexe 2 :

Bizard, Etienne. Histoire d'un village du Poitou, Béruges.

La seigneurie de Béruges est mentionnée au début du XIIe siècle dans les archives de Montierneuf, mais il est probable qu'elle existait déjà au XIe siècle.
En 1124, le Seigneur de Béruges est Engilbert de Lusignan, qui appartient à l'une des plus puissantes familles du Poitou. Les Lusignan se sont illustrés aux croisades, ont fourni des souverains au royaume latin de Jérusalem et ont régné longtemps sur l'île de Chypre. En Aquitaine, ils possèdent des biens considérables. C'est probablement Engilbert de Lusignan qui a fait élever sur le plateau de Béruges, sur l'emplacement d'une ancienne motte romaine, la tour de Guyenne, dont les ruines subsistent encore aujourd'hui ; cette tour comprend un vaste donjon carré de 16 mètres de côté, prolongé vers le plateau par un puissant éperon triangulaire ; elle était vraisemblablement entourée d'une enceinte comprenant un rempart surmonté d'une palissade en bois, à l'intérieur de laquelle venaient se réfugier les vassaux, les laboureurs et les serfs quand la contrée était envahie par les hommes d'armes des seigneurs voisins, batailleurs et turbulents.
Cent ans plus tard, Hugues X, Comte de la Marche, Seigneur de Lusignan, et son épouse Isabelle, ancienne reine d'Angleterre, veuve de Jean sans Terre, sont Seigneurs de Béruges. Leur suzerain est le jeune frère du Roi Louis IX, Alphonse, Comte d'Anjou, qui a reçu en apanage le Comté de Poitou. Or Hugues de Lusignan, proche parent des rois de Chypre et de Jérusalem, beau-père du roi d'Angleterre Henri III, ne veut pas admettre cette suzeraineté [...].
Au mois d'avril 1242, Louis IX entra en campagne à la tête d'une armée nombreuse [...].Hugues fut maté par cette intervention de l'armée royale et dut se soumettre.
A sa mort, en 1249, la seigneurie de Béruges ne reste plus dans la famille des Lusignan. Elle échoit, probablement par alliance, aux Seigneurs de Torsay, dont le souvenir est conservé à Poitiers dans une chapelle de Notre-Dame la Grande qui porte leur nom. Puis la seigneurie passe chez les d'Authon qui la conservent jusqu'en 1449. Entre 1340 et 1453, la région de Béruges subira, comme tout le reste du Poitou, les vicissitudes de la Guerre de Cent Ans [...].
En 1449, Louis d'Authon et sa soeur Catherine, mariée à «noble homme Jacques de Puyloger, Seigneur de la Rouhaudière», cèdent la seigneurie de Béruges à André Chaillé, bourgmestre et échevin de la ville de Poitiers. Ce dernier, le 24 juin 1449, prend possession des deux tiers par indivis «de la tour, ville, terre et seigneurie de Béruges, en allant et venant par une des voûtes de ladite tour.» Plus tard, il achètera l'autre tiers au Seigneur de Puyloger «à savoir le moulin de Béruges (Cruché) et ses dépendances, ouche et fondis touchant à Roche-maison».
André Chaillé avait été garde aux contrats à Poitiers en 1396 puis échevin en 1432. Il devint maire de Poitiers en 1462. On peut voir place Notre-Dame la maison qu'il se fit construire vers cette époque et qui, récemment encore, portait ses armes : «D'azur au chevron d'or, accompagné de neuf chails de même, dont six en chef et trois en pointe». Il avait acquis à Béruges, dès 1395, des biens possédés par Guillaume Macquigneau, puis en 1404, la seigneurie de la Bourdillière [...].
Il semble bien qu'à cette époque, le château actuel de Béruges n'existait pas et qu'André Chaillé possédait d'une part la seigneurie de Béruges avec les restes démantelés de la tour de Béruges et d'autre part la seigneurie de la Bordillière avec un hôtel dont nous ignorons aujourd'hui l'emplacement [...].

● Annexe 3 :

La tour de Béruges. Etude archéologique par René Crozet.

[...] La tour s'élevait à la pointe d'un éperon rocheux calcaire détaché du coteau abrupt qui domine d'environ 40 m la vallée de la Boivre par un vallon latéral creusé par un ruisseau ; né à la source de la Coudre, ce ruisselet traverse le parc du château moderne de Béruges pour aller se jeter ensuite dans la Boivre. L'éperon qui porte la tour est donc circonscrit sur trois côtés par des pentes très vives, difficiles à gravir et ne se raccorde aux plates-formes boisées qui s'étendent entre Boivre et Auxances que vers le nord-ouest [...].
Indépendamment d'ouvrages périphériques dont il ne reste que des substructions informes sur les flancs sud et sud-ouest des pentes, la forteresse comprenait essentiellement une grosse tour presque carrée d'environ 16 m de côté prolongée, sur le côté tourné vers le plateau, par un puissant éperon triangulaire saillant de plus de 7 m. L'entrée de la tour se trouvait au sud vers les pentes à pic sur la Boivre. Elle était flanquée de deux tours rondes complètement effondrées aujourd'hui, encore visibles sur les dessins de Garnier [...].
La démolition partielle de Béruges a laissé subsister une salle basse, à peu près intacte dans son gros oeuvre, et une partie du premier étage. On accède à la salle basse par une porte en arc brisé, assez étroite, que surmonte encore une portion de voûte en berceau qui devait couvrir la cage de l'escalier d'accès à l'étage. On se trouve alors dans une pièce presque carrée (8 m x 8 m 50) dont les murs latéraux ont près de 4 mètres d'épaisseur. Elle est couverte d'un berceau brisé. Un trou carré s'ouvrait au sommet de la voûte ; on le voit au-dessus de soi dès qu'on a franchi le seuil de la porte. De dimensions réduites, il n'a, sans doute, jamais servi qu'à communiquer avec la salle correspondante du premier étage. Cette salle ne prenait jour que très faiblement par trois meurtrières rectangulaires, très ébrasées à l'intérieur (1 m de largeur à l'appui), mais très étroites vers le parement externe (0 m 25 environ). Il y en a une à gauche et deux à droite. Un peu en dessous de leur appui, on observe dans les murs latéraux, une rangée de trous carrés qui ont dû servir à l'encastrement de pièces en bois. Celles-ci devaient soutenir des planchers permettant aux défenseurs d'accéder aux meurtrières qui se trouvent assez haut au dessus du sol. Au fond de la salle, le mur est évidé par un énorme arc brisé d'une portée totale d'environ 6 m et large de 2 m. Cet arc ouvre sur une grande niche profonde de près de 4 m appareillée comme une trompe de dimensions impressionnantes. Cette niche est aménagée dans la masse de l'éperon triangulaire. Au sommet, un trou carré de 0 m 50 de côté communique, comme celui de l'entrée, avec l'étage supérieur.
Juste à l'aplomb de cet orifice, assez nettement en contrebas du niveau actuel du sol fait de terres rapportées, s'ouvre un puits d'environ 1 m 30 de diamètre. Les fouilles signalées plus haut l'ont dégagé sur près de 10 m de profondeur ; mais il est infiniment probable que ce puits était destiné à assurer l'approvisionnement de la garnison en eau et qu'il descend jusqu'au niveau imperméable, celui où coule la Boivre, soit à une quarantaine de mètres. Il convient d'insister sur l'emplacement de ce puits, prudemment préservé de toute atteinte en cas de siège et d'enregistrer avec scepticisme la tradition locale qui y voit l'amorce d'un souterrain reliant Béruges ou à Montreuil-Bonin ou à Lusignan.
Un peu en avant de la niche en arc brisé et à droite de l'axe de la salle, on remarque une fosse circulaire de même diamètre intérieur que le puits, mais peu profonde. Elle présente beaucoup de ressemblance avec la citerne voisine du donjon des évêques à Chauvigny. Peut-être est-ce aussi une citerne ou, mieux encore, une sorte de soute à salaisons, vivres, etc.
On atteint le premier étage par un escalier de pierre qui s'amorce à droite de la porte de la salle basse, à l'extérieur de celle-ci. Aujourd'hui à ciel ouvert, cet escalier formé de deux sections droites perpendiculaires entre elles devait évidemment être compris dans des constructions détruites. A l'étage se trouvait une salle voûtée en berceau brisé correspondant à la salle basse. L'un des dessins d'Alexandre Garnier nous la montre reliée à la tour d'angle sud-ouest par une étroite porte rectangulaire. Les murs latéraux, presque complètement arasés, ne laissent voir, pas plus que dans la salle basse, aucune trace de cheminée. Rien ne subsiste des ouvertures qui donnaient jour dans cette salle. Dans le mur droit qui la termine au fond, une porte percée de biais et quelques marches conduisent à une salle octogonale d'environ 1 m 80 de côté qui a conservé sa voûte en coupole soigneusement appareillée et percée au sommet par un oculus. Deux étroites meurtrières très ébrasées éclairent cette salle qui, logée dans la masse de l'éperon triangulaire, en utilise la saillie et se trouve juste à l'aplomb de la niche de la salle basse.
En escaladant les ruines on peut atteindre une plate-forme arasée juste au-dessus de la salle octogonale. On y devine les substructions d'une construction de même forme de 1 m de côté qui donne à penser que l'élévation globale du donjon devait être assez considérable. De cette plate-forme on jouit, d'ailleurs, d'une admirable vue sur la vallée de la Boivre et sur les masses forestières qui s'étendent jusqu'à Vouillé [...].
Même dans son délabrement actuel, la tour de Béruges est à inscrire dans la série des donjons romans du Poitou [...]. Dans le XIIe siècle auquel elle appartient vraisemblablement elle se rattache à la première moitié plutôt à la seconde.

● Annexe 4 :

La Tour de Béruges. Bulletin de la Société des Amis de Béruges, n°7.

Dans les années 30, écroulement de la tour sud de l'édifice, visible sur les croquis d'Alexandre Garnier, au 19e siècle. (bibliothèque municipale).
Butte de terre s'élevant à environ 7 à 8 m au-dessus du lit de calcaire pour environ 300m de circonférence à la base.
Un certain Engilbert de Lusignan apparaît comme seigneur de Béruges dans un titre de 1125, où il donne à l'abbaye de Montierneuf une terre pour la fondation d'un prieuré. Au milieu du 12e siècle, on sait que la tour est déjà construite.
En 1225, Bouchard de Marle est seigneur de Montreuil-Bonnin et seigneur de Béruges.
La tour est appelée dans les textes anciens Tour de Béruges (G. de Nangis) ou Tour de Ganne ou Guyenne ou motte de Ganne.
Ensemble carré d'environ 15m de côtés avec côté est [ ? ], côté danger, un éperon triangulaire de 13m de côtés. Deux tours en saillie flanquent la porte à l'ouest. Le tout sur 3 niveaux dont 2 couverts.
L'entrée s'effectue côté est, c'est-à-dire du côté le moins accessible à un adversaire. Elle est apparemment constituée d'une porte aujourd'hui disparue mais qu'on peut imaginer en prolongeant la voûte qui aboutit à la salle du bas. Elle aurait été étroite et se situerait à environ 1m, 1,50m au-dessus du sol actuel. De part et d'autre de cette entrée, deux tours en saillie en protégeaient l'approche. Celle du sud s'est écroulée vers 1930 mais sa base doit encore se trouver sous les décombres, par contre celle du nord est conservée dans sa partie inférieure. D'un diamètre d'environ 6 à 7 mètres, elle présente à sa base des blocs grossièrement équarris, tandis que 3 ou 4 assises plus haut, les blocs sont taillés avec soin, lisses comme le reste de la construction [...]. Une fois l'entrée franchie, un escalier descend vers la salle du bas. Une porte étroite (1m) et voûtée en ogive ouvre sur cet escalier ce qui suppose l'existence d'un palier ou même deux car aux deux-tiers du couloir un escalier de pierre conduit à l'étage. Cette porte fermait au moyen de barres dont on peut voir encore les logements dans les murs à l'extérieur. Le côté gauche du couloir est un mur plein qui correspond à l'épaisseur de la construction, soit plus de 4m
La salle du bas se présente comme un carré d'environ 8 mètres de côté prolongé par un espace triangulaire situé dans l'épaisseur de l'éperon et en contrebas [...].C'est une pièce avec une voûte en berceau brisé, faiblement éclairée par trois meurtrières, une à gauche et deux à droite, évasées en carré à l'intérieur, de 0,25 mètre de large sur 1,50 mètre de haut à la sortie et orientée vers le haut. A la verticale de la porte s'ouvre dans la voûte un trou carré de dimensions réduites, actuellement obstrué et qui ne devait servir qu'à communiquer avec le 1er étage. Dans les murs, à environ 1,50 mètre de hauteur, on observe une rangée de 9 trous carrés, équidistants, qui ont pu servir à l'encastrement de pièces de bois, peut-être pour servir de bas-flancs. Cette salle, limitée par un arc brisé puissant, communique directement avec une salle aménagée dans l'éperon et profonde de 6 mètres environ. Elle ne bénéficie d'aucun éclairage direct mais possède deux orifices : l'un de 0,25 mètre de côté ouvre sur l'extérieur et devait servir d'aération, l'autre communique avec la salle octogonale ce qui permet d'évaluer l'épaisseur du plafond soit 2 mètres au moins. Lors des fouilles de M. Gaillard un puits d'environ 1,30m de diamètre a été dégagé sur 10 m de profondeur sans trouver l'eau [...].
Lorsqu'on quitte ce niveau, on gravit un escalier de pierre composé de deux volées à angle droit et autrefois couvert.
Au 1er étage s'ouvre une salle identique à celle du bas par ses dimensions (8 x 8m) et sa voûte en arc brisé mais dont il ne reste plus que des pans de murs. Elle communiquait avec la tour sud alors que sans doute la tour nord était accessible au niveau du palier. Côté ouest, un passage oblique descend dans une salle octogonale d'1,80 de côté aménagée dans l'épaisseur de l'éperon. Elle communique avec le bas et est éclairée par deux meurtrières orientées vers le haut [...]. Cette pièce octogonale très haute est fermée par une coupole terminée par un orifice circulaire ou oculus. Une porte fermée par une barre l'isolait de la grande salle. Comment se faisait l'accès au niveau supérieur ? On ne le sait.



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