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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Béruges / le bourg / place de Eglise
Église paroissiale du Sacré-Coeur

photographie du dossier documentaire, voir légende
Façade et élévation sud . © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / C. Rome, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Suite à des dégats occasionnés par la foudre le 21 janvier 1873, à l'ancienne église située dans la partie nord-est du bourg, le conseil municipal décide le 15 novembre 1874 de la détruire et d'en construire une nouvelle sur le terrain occupé par le cimetière, en employant les matériaux de démolition de l'ancienne. M. Perlat, architecte, est chargé d'en établir les plans et devis qui sont acceptés le 8 août 1875 comme conformes aux besoins d'une population de 1100 âmes. Le curé, l'abbé Lamoureux, soutenu par l'évêque (le futur cardinal Pie) voulut en faire un lieu de pélerinage dédié au Sacré-Coeur et lança une souscription afin d'obtenir un vaste édifice. En 1877, c'est l'architecte Alcide Boutaud qui reprend le chantier et modifie légèrement le projet de Perlat en élargissant la nef qu'il accompagne de collatéraux. L'église, bien qu'inachevée, est ouverte au culte en 1888. Les sculptures des chapiteaux ne sont terminées qu'en 1893 et le clocher ne sera jamais bâti étant prévu sur une profonde poche d'argile et les finances venant à manquer. Les pélerinages cessent au début du 20e siècle. En mars 1942, la toiture est mauvais état. Elle sera entièrement refaite, en ardoise de Trélazé sur liteaux en sapin du Jura, entre mai et octobre 1961, par Jean Salzert, entrepreneur de couverture à Vouillé, sous la direction d'André Serreau, architecte. En 1981, le conseil municipal envisage de faire poser des vitraux, une étude est effectuée par un atelier de Saint-Benoît-sur-Loire. Ceux de la façade sont installés en 1982.

Description

Eglise non orientée, le choeur étant tourné vers l'ouest. Elle est formée d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept et d'un choeur à chevet plat, le tout voûté en brique et couvert d'ardoise. L'entrée, à l'est, qui devait être la base du clocher, ouvre au sud sur la chapelle des fonts et à l'ouest sur la nef. Celle-ci est constituée de trois vaisseaux, séparés par des arcs retombant sur des colonnes dont les chapiteaux soutiennent les colonnettes supportant la retombée des voûtes d'ogives du vaisseau central. Les bas-côtés sont couverts de berceaux brisés, mais il semble que le projet initial prévoyait des voûtes d'ogives puisque des départs de nervures sont visibles. Chaque travée de la nef est éclairée par une fenêtre en arc brisé. Dans chaque bras de transept se trouve une fenêtre plus large, à deux lancettes, et dans le mur du chevet, à l'ouest, une fenêtre à trois lancettes. Au sud du choeur est accolée une sacristie.

Précisions sur le décor

Chapiteaux intérieurs ornés de feuilles de différentes formes, d'écus et d'armoiries. Vitraux à décor historié ou géométrique.

Documentation

● Archives

Archives paroissiales.
ArchivesParoissiales. Procès-verbal des séances de la commission du Conseil municipal, 1874, 1875.

● Annexe 1 :

Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, n° 22, dimanche 29 mai 1893.
En 1871, un jour du mois de janvier, l'illustre évêque qui devait être le cardinal Pie, dom Guéranger et M. Legentil réunis à l'évêché de Poitiers, s'entretenaient des malheurs du temps. La France agonisait et, sans intervention divine, l'Eglise allait voir périr sa Fille aînée. Soudain une grande pensée illumine l'âme du grand évêque : " Si la France, consacrée au Sacré Coeur de Jésus, faisait le voeu de lui élever un monument national en expiation et en réparation de ses crimes ! ". Le Voeu national est formé, et quand l'heure de Dieu sera rendue, la France coupable mais pénitente accomplira son voeu. Au sein de sa capitale, sur les collines de Monmartre, elle élèvera pierre sur pierre.
[...] En 1873, et le 21 janvier, par une nuit calme et sereine, un seul et violent coup de foudre se fait entendre et se précipite sur la vieille église de Béruges. Le désastre est immense, irréparable. Pasteur et fidèles sont désolés. Il faut penser à construire un nouveau temple. L'idée est soumise à Mgr Pie. La nouvelle église sera sous le vocable du Sacré-Coeur. Sa grandeur accueille la proposition avec enthousiasme et bénit chaleureusement l'oeuvre en ces termes : "Je remercie et je bénis les personnes qui auront la charité de s'associer à l'oeuvre de la construction du Sacré-Coeur à Béruges".
[...] Un chaleureux appel est fait à la charité publique. Familles de la paroisse, clergé et fidèles de tout le diocèse répondent généreusement à cet appel. Peu à peu le monument s'élève dans de vastes proportions : proportions plus que suffisantes, il est vrai, pour la paroisse seule ; mais il faut penser aux pélerinages qui s'y rendront. Dès que l'église peut être livrée au culte, un premier pélerinage est organisé. On y vient en foule de tous les points du diocèse. [...]. C'est à une de ces manifestations religieuses que nous vous convions pour le 8 juin. [...] Les anciens pélerins, peut-être lassés de voir, depuis bien longtemps à l'état brut, d'énormes blocs de pierre soutenant les voûtes de l'édifice, seront heureux cette année, grâce aux largesses inépuisables de nos généreux bienfaiteurs, de les contempler s'épanouissant en feuillage varié à l'infini, et d'examiner comme ils ont fleuri sous la main de l'ouvrier. Enfin ils seront également heureux d'entendre résonner sous les voûtes élancées du sanctuaire poitevin les notes douces et sonores d'un médiophone, petit orgue de choeur, en attendant que la tribune s'enrichisse d'un grand orgue.

Semaine religieuse du diocèse de Poitiers, n° 25, dimanche 18 juin 1893.
Belle et charmante fête le jeudi 8 juin à Béruges. La vaste basilique édifiée en l'honneur du Sacré-Coeur s'est trouvée trop petite pour contenir l'affluence nombreuse des pélerins qui s'y pressaient [...]. Dans l'église nous avons remarqué avec un grand intérêt les sculptures des chapiteaux qui sont près d'être achevées. Un orgue médiophone, une sainte table de bon style, un dais très riche pour la procession du Saint-Sacrement nous ont montré que les bienfaiteurs n'ont pas ralenti, cette année, leurs pieuses prodigalités.

● Annexe 2 :

Procès-verbal de la séance de la commission du Conseil municipal du 7 juin 1874
Monsieur le curé a donné connaissance du montant des souscriptions par lui recueillies et dont le total est de 30 000 F. Il y a lieu d'ajouter la somme promise l'année dernière par le Conseil municipal soit 4 000 F. La valeur des matériaux de l'ancienne église à démolir doit être estimée 4 000 F. Enfin on peut espérer de l'Etat un secours de 10 000 F. Toutes ressources dont l'ensemble s'élèverait au chiffre de 48 000 F. Eu égard aux circonstances imprévues, à l'ornement intérieur et à l'ameublement de l'église, il a paru convenable de se procurer un projet de construction dont le devis ne dépasserait pas 45 000 F., pour les parties de l'édifice et des annexes dont l'entreprise devra être immédiate ; et il est convenu que monsieur de Tudert voudrait bien se concerter avec M. Perlat, architecte à Poitiers, s'occupant spécialement des monuments religieux, pour le prier de se rendre à Béruges, au sein de la commission, afin de conférer avec elle sur les meilleurs moyens de parvenir au but proposé.

Procès-verbal de la séance de la commission du Conseil municipal du 21 juin 1874
Est présent M.l'architecte Perlat, qui a bien voulu fournir tous les éclaircissements demandés sur la question à résoudre. On a examiné d'abord la possibilité d'établir une église composée d'une nef principale et de déambulatoires latéraux, ce genre de construction étant le moins couteux (environ 150 f. par mètre carré de superficie intérieure), à cause d'un triple avantage d'économiser la pierre de taille, d'exiger des murs d'une moindre épaisseur et de supprimer les contreforts extérieurs. Mais un tel choix a paru impraticable eu égard à la faible capacité imposée par l'exiguité des ressources disponibles, parce qu'une largeur satisfaisante conduirait à une forme presque carrée et conséquement disgracieuse, tandis qu'une longueur suffisante réduirait la largeur à des proportions incommodes. Il a donc fallu revenir à un vaisseau formé d'une nef unique, malgré le prix plus onéreux d'environ 160 f. par mètre carré dans oeuvre.
Dans ces conditions, une église de 38 mètres de longeur, sur 8 mètres de largeur par exemple, donnerait une superficie intérieure de 304 mètres carrés qui, multipliée par le facteur 160 précité occasionnerait une dépense de 48 640 F.
En prenant 6 mètres de longueur pour le sanctuaire et 5 mètres tant pour le porche que pour l'emplacement du clocher et des fonts baptismaux, il resterait 27 mètres sur 8 pour loger les fidèles, c'est-à-dire près de 216 mètres carrés, ou de 432 places à raison de 2 personnes par mètre. Dimensions qu'il semble impossible de réduire, en présence d'une population de plus de 1000 habitants, beaucoup trop resserrés dans l'église actuelle (de 25 mètres sur 6m65 dans oeuvre ne laissant à l'assitance, dans la nef, que 16 mètres sur 6m65, c'est-à-dire moins de 106 mètres carrés ou de 212 places).
M. l'architecte a été prié d'étudier un tel projet et il a promis de chercher à diminuer la dépense, dans les limites possibles, sans nuire à la solidité de l'édifice ni à l'agrément de son aspect. Dans la somme précitée seraient compris : un clocher, une voûte en brique de champ, des vitraux en verre blanc, une sacristie, voire même une tribune fournissant quelques places supplémentaires ; ainsi que les honoraires de l'architecte et les dépenses imprévues en dehors des fondations.
Des arcades en pierre de taille seraient ménagées dans la maçonnerie de moellon, de manière à pouvoir établir aisément plus tard un transept, au moyen de chapelles latérales, si de nouvelles ressources le permettaient ultérieurement.
Un membre de la commission, cherchant à se rendre compte de l'exactitude des calculs précédents, par comparaison avec la dépense faite, depuis 10 à 12 ans, dans la commune voisine de Vouneuil-sous-Biard, où une église, à une seule nef, d'environ 241 mètres carrés de superficie intérieure (chapelles comprises) a coûté une trentaine de mille francs, fait remarquer, qu'une église entièrement pareille couteraît peut-être aujourd'hui une quarantaine de mille francs dans la commune de Béruges, tant à cause de l'augmentation considérable survenue durant un semblable laps de temps, dans le prix des matériaux et de la main-d'oeuvre, que par suite des frais de transport accrus encore par la distance bien plus grande. Conséquemment, un excédent de superficie intérieure de 63 mètres carrés ne serait pas payé trop cher au prix de 8640 F. puisque cette étendue de 63 mètres, multipliée par le facteur 160 employé plus haut donnerait un surcroît de dépense de 10 080 francs.
M. Perlat a fait connaître qu'un délai de plusieurs mois lui était indispensable pour méditer et établir un projet de l'espèce.

Procès-verbal de la séance de la commission du Conseil municipal du 4 octobre 1874
La 3e réunion a eu lieu le dimanche 4 octobre 1874, à 2 heures de l'après-midi dans le salon du presbytère où se sont trouvés réunis : MM. Desaux (maire), Lamoureux (curé), de Tudert, Bréchard père et fils, Sabourin et Barbier dument convoqués, ainsi que M. l'architecte Perlat, qui a produit un plan d'une l'église à une seule nef et un devis s'élevant approximativement à 60 700 francs (sacristie non comprise).
Examen fait de tous les documents, il a été reconnu que les dimensions et la dépense fixées lors de la délibération précédente avaient été augmentées notablement en prévision de nouvelles souscriptions promises. Mais eu égard à l'insuffisance des ressources assurées et à l'incertitude où l'on est sur la quantité du secours à espérer de l'Etat, il n'a pas paru prudent d'entreprendre une construction aussi couteuse. En conséquence, M. Perlat a été prié de ne pas dépasser la somme de 48 000 à 50 000 F, sous aucun prétexte, tout en donnant à l'édifice le plus de développement possible. Dans ce but, carte blanche lui a été laissée quant aux détails de style de forme et autres ; la commission étant pleinement convaincue qu'elle peut, sous ces divers rapports, s'en rapporter à un architecte aussi capable et aussi expérimenté que lui.

Procès-verbal de la 4e séance de la commission du Conseil municipal du 5 mai 1875
La 4e réunion a eu lieu le mercredi 5 mai 1875, à une heure de l'après-midi chez M. Bréchard père, à Poitiers, rue Boncenne n° 5, où se sont trouvés assemblés : MM. Desaux (maire), Lamoureux (curé), de Tudert, Bréchard père et fils, Sabourin et Barbier dument convoqués, ainsi que M. l'architecte Perlat, qui a produit les plans et devis provisoires d'une l'église à une seule nef avec transept et piliers intérieurs.
Examen fait de tous ces documents, il a été reconnu que :
1° Le bâtiment projeté aurait, dans oeuvre, les dimensions suivantes : longueur 36m25, superficie totale 331, 76 (pour le sanctuaire longueur 4,10, largeur 6,10, superficie 25,01 ; pour le clocher longueur 3,25, largeur 8,10, superficie 26,33 ; pour la nef et le choeur longueur 28,90, largeur 8,10, superficie 234,09 ; pour le transept (2 fois) longueur 5,65, largeur 4,10, superficie 46,33) et contiendrait conséquemment 560 fidèles, ou près du double du nombre actuellement admissible.
2° La dépense sans sculptures, y compris les chapelles, la tribune, la sacristie et des vitraux blancs serait approximativement de 49 814,27, plus pour dépenses imprévues 2000, 5% à ajouter pour honoraires de l'architecte 2 590,71, ensemble (soit 163, 99 F. par mètre carré de superficie intérieure) 54 404,98.
3° Les ressources actuelles se répartissent comme il suit : souscriptions 28 400 ; reliquat de la caisse des chapelles actuelles, environ 400 ; subvention de la commune 4000 ; valeur réduite des matériaux de l'église actuelle 3000 ; subvention de l'Etat 10 000 ; subvention du Conseil général 1000. D'où résulterait un déficit de 7204,98 qu'on suppose pouvoir être comblé au moyen d'autres ressources espérées et annoncées par M. le curé.
4° En présence d'une telle situation il serait imprudent de tenter une entreprise plus considérable et plus couteuse et il y a lieu de s'en tenir au projet examiné qui devra être terminé complètement par M. Perlat pour recevoir les suites nécessaires.

Procès-verbal de la 5e séance de la commission du Conseil municipal du 25 juillet 1875
La 5e réunion a eu lieu le dimanche 25 juillet 1875, à l'issue des vêpres, dans le salon du presbytère où se sont trouvés réunis : MM. Desaux (maire), Lamoureux (curé), de Tudert, Bréchard père et fils, Sabourin et Barbier. M. Bréchard père a déposé sur le bureau le travail final en date du 16 juin dernier chez lui remis par M. l'architecte Perlat pour être soumis à la sanction de la commission, travail qui se compose de 7 pièces, savoir :
1° Deux feuilles d'épure comprenant ensemble un plan, 3 coupes verticales et autant d'élévations de la nouvelle église.
2° Cinq cahiers de texte renfermant un mémoire explicatif et divers devis descriptifs ou estimatifs à l'appui. Ces documents ne sont autre chose d'ailleurs que l'achèvement du projet approximatif présenté le 5 mai dernier, discuté et approuvé provisoirement le même jour et qui n'a subi que des changements peu importants dont le principal est une augmentation de 0m60 dans la largeur de la nef. En définitive, l'église nouvelle aurait les dimensions suivantes dans oeuvre : longueur 36m25, superficie totale 351, 30 (sanctuaire longueur 4,00, largeur 6,10, superficie 24,40 ; clocher, porche et tribune, fonts baptismaux et escalier longueur 3,25, largeur 8,70, superficie 28,27 ; nef et choeur depuis le pied de la tribune jusqu'au sanctuaire longueur 29,00, largeur 8,70, superficie 252,30 ; 2 chapelles latérales formant transept, ou 2 fois longueur 5,65, largeur 4,10, superficie 46,33). La superficie de 298 mètres carrés destinée aux fidèles en pourrait contenir 596 (à raison de 2 par mètre carré) c'est-à-dire le double du nombre actuellement admissible, même en ommettant l'étendue de la tribune qui compensera l'emplacement occupé par les piliers et l'espace pris dans le choeur pour les besoins du culte.
Dans l'hypothèse de fondations portées à 2 m de profondeur seulement, la dépense totale, y compris les cas imprévus et les honoraires de l'architecte s'élève (à raison de 154,77 par mètre carré de superficie intérieure) à la somme de 54 372,20. Et comme les ressources connues ne montent qu'à 34 700,00, il en résulte un déficit immédiat de 19 672,20 à combler sans retard comme il a été dit précédemment.
Les prix de détail ont paru modérés. Les plans et devis sont faits avec soin. Quant au mode d'architecture imposé par d'impérieuses raisons d'économie, l'aspect en a semblé aussi satisfaisant que possible dans cette fâcheuse situation. Pour ces motifs, la majorité, conséquente avec elle-même a cru devoir maitenir définitivement son approbation du projet examiné.
M. le curé seul a persisté dans l'opposition manifestée lors des réunions précédentes. Il a critiqué d'abord les dimensions trop restreintes du sanctuaire, puis le style du monument et surtout la présence des piliers interposés entre les fidèles et l'officiant. Il a enfin insisté pour le retour aux projets rejetés antérieurement comme trop onéreux.
Il lui a été objecté : 1° qu'on avait sous les yeux l'oeuvre de l'unique architecte qu'il avait personnellement jugé digne de sa confiance ; 2° que sans modifier le surplus il serait facile d'augmenter un peu la profondeur apparente du sanctuaire si cela était réellement nécessaire en cintrant les marches ou la balustrade qui le sépareront du choeur ; 3° que des piliers de 0,50 m de diamètre placés à 0,35 m seulement des murs latéraux ne devraient guère offusquer les assistants ; 4° qu'une église du même genre a été bâtie récemment dans la paroisse de Journet sous la direction du même homme de l'art, avec l'approbation de l'autorité compétente qui l'avait apparemment trouvée convenable ; 5° que les projets précédemment repoussés avaient d'abord été étudiés sans prévention et n'avaient été ensuite mis de côté que pour de pressantes raisons de finances subsistant encore dans toute leur force ; 6° qu'on ne pouvait demander sans cesse de nouveaux remaniements à monsieur Perlat déjà très préoccupé du payement des propositions éliminées ; 7° et que d'ailleurs le temps ne permettait plus de longs ajournements.
Monsieur le curé s'est borné à répondre qu'il ne cesserait de combattre le choix du modèle en litige et de s'opposer à son exécution que si monseigneur l'évêque lui donnait positivement un ordre contraire. Ce à quoi la majorité a opposé que cette obéissance passive ne serait pas suffisante ; qu'un concours actif et dévoué de chaque membre et principalement de M. le curé était indispensable pour le succès de l'entreprise ; et qu'à défaut d'un accord si désirable la commission n'avait plus qu'à se dissoudre au grand détriment des paroissiens qui redoutent justement l'écroulement prématuré du vieil édifice et attendent impatiemment l'érection de son remplaçant.

● Annexe 3 :

Archives paroissiales
- Année 1873, souscription ouverte par le Conseil de fabrique à l'effet de construire une nouvelle église paroissiale sous le vocable du Sacré-Coeur-de-Jésus.
- 16 juin 1875, devis et avant-métré signé B. Perlat (transept, clocher en façade, tribune, sacristie).
- 28 janvier 1877, devis de construction signé A. Boutaud, architecte (église avec transept et clocher).
- Relevé des travaux exécutés : pierre de taille de Lavoux, des Lourdines et de Château-Gaillard . Travaux exécutés par Mrs Bourlaud frères
- 1879, récapitulation, 3e mémoire sous les ordres de Boutaud architecte, Bourlaud frères entrepreneur 35 rue de la Tranchée à Poitiers : suite des travaux, remplacement d'une colonne intérieure posée par M. Jacomini, par ordre de M. le curé, ravalement des murs, moulures.
- 28 juin 1884, devis pour l'achèvement de l'église : voûtes et dallage.
- 10 janvier 1885, projet d'achèvement de l'église, devis descriptif et mémoire par Boutaud : voûtes et dallage. Les voûtes auront la forme d'un berceau dans la nef et les transepts, la travée qui les séparera sera en forme de voûte d'arêtes, des arcs doubleaux renforceront les voûtes qui auront une épaisseur de 14 cm (brique et chape). Sous le clocher on a du descendre à 18 mètres de profondeur, il fallut étayer, il y eut des éboulements nombreux et on a du dépenser beaucoup pour éviter des accidents depuis le premier projet fait en 1875, la main-d'oeuvre et les matières premières ont beaucoup augmenté.
- 20 janvier 1894, reçu de 500 francs pour divers travaux faits dans l'église, par l'atelier St-Savin, G. Pouzeau successeur de Bordas, rue du Pigeon-Blanc à Poitiers (travaux d'art, ameublement, statuaire).



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