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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Béruges
Village

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue aérienne du bourg et de ses environs, depuis le sud-ouest, carte postale, vers 1960. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Carte postale Cim - Collection Alain Krépla, 2006.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2006.

Historique

Le promontoire occupé par le bourg a révélé de nombreux vestiges d'occupation dès le néolithique, des pointes de flèches ayant été trouvées dans le bourg et au Verger-Bonnet. L'Age du fer et l'Age du bronze ont laissé des objets tels que fibule, statuette, fragments de céramiques et de poteries. De l'époque gallo-romaine, où une villa devait occuper le promontoire, ont également été découverts de nombreux témoignages : des murs de protection et de soutènement, des vestiges de constructions diverses, d'habitat et d'installations hydrauliques, un cimetière dans la partie sud-est (lotissement des Villiers), un petit temple au Verger-Bonnet et des objets, en particulier une statue en marbre mais aussi des vestiges de mosaïques et d'enduits peints, des monnaies, des fibules, de la céramique. Sont à signaler la présence de huit constructions voûtées dont la fonction d'origine est incertaine, datées du 1er siècle après Jésus-Christ, partiellement visibles à l'angle sud-ouest de l'éperon en bordure de la falaise.
Durant l'époque mérovingienne (6e-7e siècles), ce promontoire a été occupé par une importante nécropole qui couvrait toute la partie centrale du bourg sur l'emplacement de l'ancienne église, de l'église actuelle et de toute la place du village. Y ont été trouvés des sarcophages à couvercles ornés de bandes (croix à trois traverses) et d'autres plus richement décorés comme celui conservé au baptistère Saint-Jean de Poitiers, qui porte une inscription, un décor de rosaces et de motifs géométriques, ainsi qu'une figuration d'aigle aux ailes dépoyées. Un autre, déposé au musée de Béruges, présente une bordure à décor géométrique et, dans la partie supérieure, une croix et une rosace.
Du Moyen Age les témoignages sont également nombreux. Une église Saint-Gervais-et-Saint-Protais existait en 1068, elle a été transformée en prieuré vers 1124 et un logis a alors été construit. Ce dernier était situé, d'après le général Martineau, au nord de l'église et fut détruit à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle. Un cimetière occupait une partie de la nécropole mérovingienne (place de l'Eglise) et, sur la motte préexistante au nord-ouest, un donjon a été établi au début du 12e siècle.
En 1875, le cimetière est déplacé à l'écart sur la route de Vouillé. Dans les années suivantes l'ancienne église priorale, ébranlée par la foudre et devenue trop petite, est détruite et une nouvelle église plus vaste est édifiée plus à l'ouest à l'emplacement du cimetière et ouverte au culte et aux pélerinages en 1888. A la même époque, en 1884, une halle avec mairie au-dessus est bâtie. Une école de garçons est édifiée en 1849, une école privée de filles en 1881 et une école publique pour les filles en 1907.
Au 20e siècle, les problèmes d'alimentation en eaux incitent la municipalité à faire creuser un puits sur la place en 1903. En 1922, un bureau de poste est installé dans une maison louée ; il déménagera plusieurs fois avant d'occuper son emplacement actuel. Dans la seconde moitié du 20e siècle, le groupe scolaire est construit en 1977 et connaît plusieurs agrandissements successifs. La salle des fêtes est édifiée en1988.
Les habitations actuelles datent pour la plupart des 19e et 20e siècles, ou ont été remaniées à ces périodes là. Cependant, il reste une maison pouvant remonter au 16e siècle, quelques baies des 17e ou 18e siècle et des caves voûtées anciennes.
Le village comptait 106 habitants en l'An II, 128 en 1962 et 186 en 1990 et environ 15 maisons en 1790, 44 en 1962 et 79 en 1990.

Description

Le bourg de Béruges est installé sur un promontoire environné de bois et domine nettement la vallée de la Boivre, qui forme une boucle l'entourant à l'ouest, au sud et à l'est, ainsi que la vallée de la Coudre, au nord, qui sépare le bourg du château. Au nord-ouest, le plateau est enserré entre ces deux vallées. C'est à cet emplacement que se trouve la motte aménagée pour défendre le bourg et qui a été surmontée ensuite d'un donjon (Tour de Ganne). Un mur gallo-romain avec redan soutient la partie supérieure du promontoire sur son flanc ouest alors qu'au sud la falaise est à nu. Un chemin dit « Voie Romaine » la contourne pour descendre vers la Boivre depuis la place de l'Eglise. Cette place est décentrée vers l'ouest et c'est vers elle que convergent les voies anciennes, allée de la Tour et route de Vouillé au nord, rue de la Croix à l'est, ainsi que la rue François-Albert plus récente. C'est également à proximité de la place que sont installés les bâtiments publics : mairie, écoles, salle des fêtes, poste, ainsi que les commerces. Le monument aux morts public est également sur la place, un autre, privé, prévu pour être construit dans le cimetière route de Vouillé, a finalement été érigé à l'extrémité orientale de la rue de la Croix, au carrefour avec les routes de Poitiers et du Moulin-de-Cruchet.
Les habitations, implantées de façon très lâche, sont situées principalement aux abords de la place et en bordure de la rue de la Croix et de la route de Vouillé. Le secteur du Villiers, dans le quart sud-est du bourg, est un lotissement de la seconde moitié du XXe siècle.

Documentation

● Archives

Médiathèque François-Mitterrand, Poitiers : Manuscrit 573 (notes et documents sur Béruges par Archives EvêchéMartineau, fin XIXe siècle).

● Bibliographie

Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Lettre à M. de Caumont sur les fresques de Saint-Jean et de Saint-Hilaire de Poitiers et sur les découvertes antiques romaines en Poitou. Médiathèque, Poitiers, t.24, 1858. P. 223-225
Martineau, M. Archives EvêchéNotes et documents sur Béruges. 4 vol in.f°-. Fin du XIXe siècle (Médiathèque François-Miterrand, Poitiers : Ms 573).
Romains et Barbares entre Loire et Gironde : IVème-Xème siècles. Catalogue d'exposition, Poitiers, Musée Sainte-Croix, 6 octobre 1989-28 février 1990. Poitiers : Direction des Antiquités Historiques, 1989. P. 88, 110-113, 165-166

● Annexe 1 :

Roy Gérard. Evolution de l'habitat à Béruges. Bulletin de la Société des Amis de Béruges, n°4, 1989.
« A partir du Ier millénaire av. J.C., les fouilles menées derrière la salle des fêtes permettent d'affirmer que des hommes et des femmes vivaient sur l'éperon de Béruges. A l'époque gallo-romaine, si l'on se réfère aux travaux du général Martineau, l'éperon entier était occupé car un mur d'enceinte en entourait pratiquemment toute la surface. Il aurait été réalisé semble t'il en deux fois : d'abord le haut du plateau puis la partie est, au ras de la rupture de pente, ce qui traduit sans doute une augmentation de la population ».

● Annexe 2 :

Alphonse Le Touzé de Longuemar. Lettre à M. de Caumont sur les fresques de Saint-Jean et de Saint-Hilaire de Poitiers et sur les découvertes antiques romaines en Poitou.
Après les travaux d'axe routiers sur les flancs de la côte de Béruges, découverte de grandes dalles de pierre dont certaines ont des formes et des moulures qui font penser qu'elles devaient faire partie d'un immense portail à plusieurs ouvertures. Plus haut, découverte des restes de conduits fortement cimentés, et autour, des fragments de grandes tuiles à rebord et des briques épaisses qui remontent à l'époque romaine.
Les remparts : origines romaines de ces anciennes constructions ; appareil bien conservé. Blocage dont les assises sont interrompues par des chaînes de briques posées à plat sur toute l'épaisseur du mur et parementé, à l'extérieur, en moyen appareil.
Fouilles pratiquées dans des caves voisines, découverte de pans de murs d'anciennes maisons, revêtus de couleurs rougeâtre ; les panneaux de ces murs étaient encadrés de lignes blanches et jaunes dont les nuances avaient résistées à l'humidité. Des cubes blancs et noirs, en quantité innombrables, d'anciennes mosaïques, sourdaient de tous côtés du sol.
Béruges a donc été autrefois le lieu d'une station, d'une mansion, d'un poste romain, et les traditions romaines s'y sont conservées de siècle en siècle. Dans l'enceinte, une série de voûtes accouplées ayant sans doute servi de magasins..
Au Moyen Age Béruges avait son château et sa tour élevée du haut de laquelle un seigneur de Lusignan osa braver l'autorité d'Alphonse, comte de Poitou et frère de saint Louis.

● Annexe 3 :

M. A. Martineau. Notes et documents sur Béruges
Dans tous les titres on trouve toujours joint à Béruges le mot de castrum. Autrefois il y avait entre le château actuel de Béruges et le bourg un étang ou marais
Dans les bois de Saint-Hilaire et près de la voie romaine qui mène de Poitiers à Vasles il y a un endroit qu'on appelle le beau Chiron.
Les caves qui se trouvent à Béruges dans l'intérieur de l'ancien Burgium ne pouvaient elles pas servir pour faire les monnaies du temps et également pour y conserver les bêtes qui servaient au cirque de Poitiers. Ces voûtes ou caves étaient au nombre de huit à dix autrefois et elles se tenaient toutes par des murs mitoyens. L'enceinte entière de Béruges autrefois était en murs romains. On trouve partout les traces de ces murs.. Il y en a notamment sur la place qui sont encore apparents, ce n'est qu'un blocage. On a trouvé en faisant des fondations des mosaïques et les pavés à dalle ayant 30 cm d'épaisseur sur 2 m de long et 1 m de large. On a trouvé des médailles [...]. L'enceinte romaine faisait le tour de tout le plateau et se rejoignait aux deux extrémités à la tour.

● Annexe 4 :

Le bourg de Béruges au XVIIIème siècle, par Jean-Pierre Chabanne. Bulletin de l'association archéologique Les Amis de Béruges
Béruges. 2001, n° 16.
Un document conservé aux archives départementales, série 1H2, liasse 99 de l'abbaye de Montierneuf décrit les possesions du prieuré de Béruges et donne une idée du bourg.
« Ce que les chartes de fondation ou augmentation de fondation du prieuré de Béruges appellent Villa, Castellum, castrum berugiae, vel berugiis, estoit autrefois une espèce de petite ville renfermée dans les murs dont il reste des vestiges, composée d'environ 20 maisons et leurs clôtures, de l'églisze paroissiale entourée des maisons du prieur et du vicaire perpétuel ou curé, de 3 costés et de l'autre d'un grand cymetière, y celle église située au milieu de la dite ville. A l'extrémité estait une tour appelé la tour de Ganne lasquelle subsiste encore une partie. Du reste il n'a plus qu'environ 16 maisons et l'église, le reste est en masures, terres labourables, près autres, vignes, jardins et bois appelés bourg de Béruges.
Ce bourg est situé sur une colline laquelle contient environ 40 boisselées de terres mesure de Poitiers et est environnée d'un côté par le ruisseau formé par les eaux des fontaines de la Coudre et de la fond Bedoire et préries avecques, de deux autres côtés par la petite rivière de Boivre depuis le pré Saint-Jean ou le ruisseau ci-dessus vient s'y joindre jusqu'au commencement de la vallée des Mignots et de l'autre côté par un vallon secq qui prend depuis la dite rivière jusqu'au dit ruisseau ou il se forme, un pré apellé le pré de la Coudre, domaine actuel du prieur de Béruges, arrosé par le dit ruisseau. Depuis ce pré jusque au pré Saint-Jeu qui faisait autrefois partie des dépendances du moulin de Béruges ou de Recullon, le ruisseau et prairies contiguës ainsi que le pendant de la partie de la commune sur laquelle le bourg est construit attenant aycelle prairie composent aujourd'hui la meilleure partie du parcq du seigneur de Béruges, C'était autrefois le domaine principal du prieur de Béruges qui fait aujourd'hui le principal agrément du château du dit seigneur basty de part le coing d'une colline opposée à celle sur laquelle le bourg est construit, espacées l'une de l'autre par le vaste vallon ou coule le ruisseau bordé de prairies.
L'étang du moulin de Recullon partie de ses prés, clôture, les deux pointes de prés aux côtés et le grand pré la queue de l'étang. Le grand pré de la fontaines de la Fond Bédoire y celle fontaine et son cours d'eau, plusieurs vergers et clôtures des maisons du bourg qui relevaient du prieur sont enfermées dans cette partie du parqc de Béruges construit depuis environ 90 ans.
Le moulin basti autrefois sur la chaussée du dit étang sur laquelle sont aujourd'hui construits les murs qui terminent cette extrémité du parcq du château de Béruges du côté de la rivière de Boivre est tellement détruit qu'il ne reste presqu'aucun vestige. L'étang est comblé et compose un bel et excellent potager entouré de larges fossés plein d'eaux vives le pré Saint-Jean et un petit pré ou verger adjacent, réduits aujourd'hui en prés situés entre la chaussée du dit étang et la rivière Boivre, un autre pré apellé Roche-Martin situé par la même rivière à quelques distances du précédent tous ces domaines du prieur...».



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