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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Voies ferrées de la Communauté d'Agglomération de Poitiers

photographie du dossier documentaire, voir légende
Ligne Poitiers-Limoges, gare de Mignaloux-Nouaillé. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / Y. Suire, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Ligne Paris-Poitiers-Bordeaux
Le projet d'établissement d'une ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux émerge fin 1832. Le 1er novembre 1839, le conseil municipal de Buxerolles vote une motion pour réclamer la création "d'une ligne de chemin de fer de Tours à Bordeaux, utile pour donner de nouveaux débouchés au vin du canton". En août 1839, le préfet de la Vienne nomme une commission chargée de conduire une enquête, dont le rapport est publié le 29 novembre 1839. Le projet de tracé par Chartres, conçu par Alexandre Corréard, ingénieur de la compagnie des chemins de fer de Paris à Bordeaux, est d'abord choisi, mais c'est finalement celui de Defontaine, réalisé par des ingénieurs des Ponts et Chaussées, avec passage à Orléans qui est retenu. En mars 1844, la compagnie de la ligne d'Orléans à Bordeaux se constitue et obtient la concession des travaux. Le 16 décembre 1846, le ministre accorde 1 500 000 francs pour la construction de la section entre Châtellerault et la Charente. En juillet 1850, la Compagnie des chemins de fer de Paris à Orléans devient propriétaire des terrains expropriés et la construction des remblais et des ponts peut commencer. La crise économique vient retarder l'exécution des travaux et la ligne est finalement inaugurée le 1er juillet 1851, en présence de Louis-Napoléon Bonaparte qui arrive en train de Paris à Poitiers pour la circonstance, en passant devant la gare de Chasseneuil (fig. 3). La gare de Saint-Benoît (fig. 10) est bâtie à la même époque avant l'ouverture de la ligne entre Poitiers et Angoulême en 1853. Elle possède un poste d'aiguillage (fig. 9) où, à la fin du 19e siècle, 3 ou 4 aiguilleurs étaient en service pour assurer le croisement des lignes Paris-Bordeaux, Poitiers-La Rochelle et Poitiers-Limoges. Ce triage desservait également l'usine d'engrais de Saint-Gobain, le grand moulin et le chantier des "coins" où les traverses en bois étaient traitées et réparées.
La ligne Poitiers-La Rochelle, qui se raccorde à la précédente à Saint-Benoît, est ouverte à l'exploitation en 1856. Puis la Compagnie de chemin de fer d'Orléans met en place la ligne Poitiers-Limoges, mise en service le 19 décembre 1867. Elle se raccorde également à Saint-Benoît et passe par la gare de Mignaloux-Nouaillé qui n'est construite que plus tard, en 1883, au moment de la mise en service de l'embranchement vers Chauvigny et Le Blanc (fig. 11).
La ligne à voie unique Poitiers-Saumur, par Chasseneuil et Migné-Auxances, dont le raccordement à la ligne Paris-Bordeaux s'effectue à Grand-Pont, est ouverte en 1874, avec un embranchement vers Bressuire en 1883. Le train s'arrêtait jadis dans les gares de Grand-Pont (fig. 15) et de Migné-les-Lourdines (détruite, fig. 16). A la jonction des voies Paris-Poitiers et Poitiers-Saumur, une station de triage est établie vers 1950 (fig. 5 et 6).
Aujourd'hui les gares de ces différentes lignes ont perdu leurs permanences et la gare de Grand-Pont a été vendue.
Depuis 1989, les TGV empruntent la ligne Paris-Poitiers vers Bordeaux ou La Rochelle et une gare, réalisée par l'architecte Denis Laming, inaugurée le 13 juin 2000, a été installée pour desservir le Futuroscope (fig. 2). Les travaux de contournement de Poitiers par l'ouest, via Biard, Vouneuil-sous-Biard et Fontaine-Le-Comte, destinés à pouvoir augmenter la vitesse des trains, en sont à la phase d'enquête publique. Ils devraient débuter en 2012, pour une mise en service en 2016.

Les tramways départementaux
Sur le territoire de l'agglomération, en plus des tramways desservant la ville de Poitiers, ont existées deux lignes à voie étroite qui partaient de la gare située au sud de la gare de Poitiers actuelle (à l'emplacement de la caserne des pompiers, fig. 18). La première, au sud, rejoignait Saint-Martin-l'Ars en passant par Saint-Benoît. La seconde, à l'ouest, rejoignant Lavausseau via Biard, Vouneuil-sous-Biard et Béruges.
La ligne de Saint-Martin-l'Ars, en projet depuis 1888, fut mise en service en décembre 1895. L'exploitation fut confiée à une société privée, la Compagnie des Tramways de la Vienne. Elle suivait d'abord le boulevard, desservait La Tranchée, La Chaume, Saint-Benoît, Smarves, etc., jusqu'à Gençay-Saint-Maurice et Saint-Martin-l'Ars. Elle s'étirait sur 51 km et le trajet de Poitiers à Saint-Martin se faisait en 3h20. A Saint-Benoît, le tramway empruntait un viaduc (fig . 22 à 27) qui lui permettait de franchir la vallée très encaissée du Clain et d'enjamber la voie ferrée de Paris à Bordeaux. Restauré après la seconde guerre mondiale et aménagé en chemin piétonnier, ce viaduc mesure 20 mètres de hauteur et près de 330 mètres de longueur. Il se compose de 21 arches en maçonnerie et, au niveau de l'enjambement, d'une travée métallique. Cette ligne servait au transport, non seulement des personnes, mais aussi des denrées alimentaires, de l'engrais, des ovins et des bovins.
La décision d'établir une ligne de 22 km entre Poitiers et Lavausseau, avec prolongement jusqu'à Lusignan, fut prise en 1901 et le projet adopté en avril 1904. Plusieurs tracés furent envisagés mais c'est finalement celui passant sur la rive droite de la Boivre par Vasles qui fut retenu. La première guerre mondiale retarda la construction et l'inauguration n'eut lieu que le 8 décembre 1921. Gérée par la Compagnie des Voies ferrées économiques du Poitou, la ligne partait de la gare centrale de Pont-Achard à Poitiers, elle avait au départ un tronçon commun avec la voie vers Saint-Martin-l'Ars, puis elle longeait la Boivre, la traversait à Biard route de la Cassette, grimpait dans les coteaux passant au-dessus des grottes de la Norée et rattrapait à Biard l'ancienne route de Lavausseau. La ligne desservait la halte de Biard (fig. 28), les gares de Biard (détruite), de Chanteloup à Vouneuil-sous-Biard (fig. 29), de Béruges (fig. 31) et la halte de l'Aumône à Béruges.
Mais la concurrence des transports par autobus entraîna un déficit de l'exploitation des tramways qui s'arrêtèrent de circuler peu à peu après la guerre de 1914-1918. A partir du 1er mai 1932, les voies furent démontées et seule la ligne vers Saint-Martin-l'Ars fut encore utilisée. Mais le gouffre financier qu'elle représentait contraint la compagnie à la supprimer le 10 mai 1933. Le matériel roulant, le matériel des voies, les stations, les terrains et l'outillage furent vendus et les ouvrages d'art pour la plupart remis au services vicinal.

Description

Les gares de la ligne Paris à Bordeaux, à Chasseneuil et Saint-Benoît, sont en moellons de calcaire enduits. Elles sont couvertes d'un toit en ardoises à longs pans, avec croupes à Chasseneuil. Toutes deux ont un étage et leur façade présente trois travées avec une porte centrale. A Chasseneuil (fig. 4), la façade à solin et bandeau est couronnée par une corniche. Les baies sont en arc segmentaire ont un encadrement mouluré et les travées sont séparées par un pilastre. A Saint-Benoît (fig. 10), les encadrements des baies sont saillants, de même que les clés des linteaux. Les appuis des baies du rez-de-chaussée sont moulurés, ainsi que les linteaux des baies de l'étage. Un bandeau de niveau et une corniche moulurée ornent la façade.
La gare de Mignaloux-Nouaillé (fig. 12 et 13) est construites en briques enduites, avec de la pierre de taille aux encadrements des baies, pour les chaînages d'angle, le bandeau et la corniche. La couverture est en ardoise. Elle comporte également un étage et sa façade présente quatre travées, avec des baies couverte en arc segmentaire.
A Grand-Pont (fig. 15), l'ancienne gare est en moellons enduits et couverte de tuile creuse. Elle a un étage, sa façade est un mur pignon à deux travées, avec des ouvertures couvertes d'arcs segmentaires.
Les anciennes gares de tramway de Vouneuil-sous-Biard (fig. 29) et Béruges (fig. 31) sont identiques, à un étage et façade à deux travées.
Enfin la gare du Futuroscope est de plan triangulaire (fig. 2). C'est une structure en verre avec des espaces intérieurs en gradins. Une passerelle qui enjambe de la route nationale 10 la relie au Parc du Futuroscope.

Documentation

● Bibliographie

Bouquet Jacques. Petits trains au fil de la Vienne. Le siècle des Petits Trains. Editions Cénomane, La vie du Rail. Mayenne, 2003.



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