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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 3 262 éléments du patrimoine étudiés


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Voirie de la Communauté d'Agglomération de Poitiers

photographie du dossier documentaire, voir légende
L'ancienne R. N. 10 et sa déviation à Croutelle. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / R. Jean, 2007.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2007.

Historique

Dès les premiers temps de l'occupation humaine, des chemins ont été tracés pour les besoins de déplacement des hommes pour leur subsitance ou pour leurs échanges commerciaux. C'est à l'époque romaine qu'un vrai réseau fut créé, avec plusieurs voies rayonnant autour de Poitiers. Les principales étaient alors : celle allant au nord vers Tours (Caesarodunum), partant du faubourg de Rochereuil et passant à Buxerolles (chemin encore visible par endroit), puis à Fontaine sur la commune de Chasseneuil-du-Poitou et à Vieux-Poitiers ; une autre à l'est vers Argenton-sur-Creuse (Argentomagus) et Bourges, partant du faubourg Saint-Saturnin, par la pierre levée et le Breuil ; une autre au sud-est vers Limoges (Augustoritum), depuis le faubourg Saint-Cyprien par Mignaloux-Beauvoir où son tracé est visible à la limite sud de la commune ; la voie vers Saintes (Mediolanum-Santonum), par le faubourg de la Tranchée et passant à Rom ; celle vers Nantes (Portus Namnetum), par la Cueille Mirebalaise et Auxances. S'ajoutaient des voies secondaires comme celle passant à Béruges. La traversée des rivières se faisait le plus souvent par des gués et des bornes milliaires marquaient leur parcours. Certaines de ces voies perdent ensuite leur rôle d´axe majeur en raison des difficultés d'accès à Poitiers liées au relief. Ainsi, au nord, les pélerins de Compostelle qui s'arrêtent au Pas de Saint-Jacques sont désormais presque les seuls à emprunter l'axe par Buxerolles et la circulation se rapproche du Clain, par Lessart.
Au Moyen Age, l'axe Paris-Tours-Poitiers se déplace une nouvelle fois, franchissant le Clain et s'en éloignant à l'ouest, et un pont est construit sur l'Auxance à Grand-Pont. De même vers le sud, l'axe Poitiers-Angoulême, du faubourg de la Tranchées rejoint Croutelle où un pont est également bâti sur le ruisseau. De nouvelles voies secondaires sont tracées à cette époque afin de relier les implantations anciennes aux nouveaux sites occupés.
Après une période où les guerres empêchent le développement économique, la voirie connut une organisation administrative et réglementaire avec l'édit de 1607 promulgué par Henri IV et surtout, au 18e siècle, avec la création des Ponts et Chaussées en 1716. Les routes sont alors classées en différentes catégories, les premières étant les routes royales qui font l'objet de travaux importants au cours du 18e siècle. La route royale de Paris à l'Espagne est aménagée et les ponts de Grand-Pont et de Croutelle sont reconstruits. Dans ces deux localités existait alors un relais de poste pour le repos des chevaux et des voyageurs. En 1776, la classification des routes est fixée en quatre classes qui sont décrites dans le "Tableau des routes du Poitou pour l'année 1788" d'après leur largeur : les routes de première classe, qui ont 42 pieds de large, sont celles de Paris à Bordeaux et de Poitiers à La Rochelle ; les routes de deuxième classe, de 36 pieds de large, sont celles de Poitiers à Nantes par Parthenay, de Poitiers à Saumur (ouverte à Auxance en 1785), de Poitiers au Périgord par Gençay (réalisée en 1784 et 1785), de Poitiers à Bourges par Chauvigny (tracée de 1785 à 1789 pour remplacer la voie romaine), de Poitiers à Limoges (à partir de 1784) ; les autres, de troisième et quatrième classes ont respectivement 36 pieds et 24 pieds de large.
Le décret du 16 décembre 1811 réduit à trois le nombre de classes de routes qui reçoivent une numérotation : les routes impériales à la charge de l'Etat, les routes départementales et les voies communales. Au début du 20e siècle les principaux axes sont élargis pour répondre aux besoins de la circulation des véhicules automobiles et, en 1930, de nouveaux axes sont rattachées au réseau national. A partir du milieu du 20e siècle, de nouveaux élagissements sont effectuées et de grands chantiers sont entrepris avec le tracé de la rocade extérieure de contournement de Poitiers, réalisée en plusieurs tronçons. Commencée dans sa section ouest, en passant par la zone d'activité nord-ouest et l'aéroport de Biard, à partir des années 1960, elle sera réalisée au sud dans les années 1970 et 1980 et achevée à l'est et au nord en 1992. Entre temps l'autoroute A. 10, à l'ouest, est également réalisée. Dans le même temps ont été effectués les contournements, d'abord de Croutelle en 1959, puis de Migné-Auxances, ainsi que le déplacement de la route de Poitiers à Lavausseau, par Biard, lors du prolongement des pistes de l'aéroport.

Documentation

● Bibliographie

Association Migné-Auxances Mémoire. Migné-Auxances d'hier à aujourd'hui. - Migné-Auxances (Vienne) : Commune de Migné-Auxances, 1999. P. 96
Longuemar, Alphonse Le Touzé de. Mémoire en réponse aux questions 4, 5 et 6 du programme de la section d'histoire et d'archéologie du Congrès scientifique tenu à Bordeaux, au mois de septembre 1861. Mém. soc. Antiq. Ouest, 1ère s., t. 27, 1862. P. 78, 80, 147-157

● Annexe 1 :

Longuemar
Voies romaines principales
1°- Voie de Limonum (Poitiers) à Caesarodunum (Tours), à partir du faubourg de Rochereuil, touche successivement à Fontaine, non loin de Cassinogilus (Chasseneuil, établissement gallo-romain), à l'Hopitau, Traversais, au tumulus et au dognon de Basse-Flotte, ainsi que leur menhir et celui de Vieux-Poitiers [...].
2°- Voie de Limonum à Argentomagus, à partir du faubourg Saint-Saturnin (est de Poitiers), cette voie frise la pierre levée de Poitiers, passe au Breuil, aux Grangeries, près du souterrain de la Roche de Saint-Julien [...], Saint-Pierre-Les-Eglises [...] pour déboucher au Blanc.
3°- Voie de Limonum à Augustoritum (Limoges), à partir du faubourg Saint-Cyprien de Poitiers, passe à la villa Alexander suit la trace encore indiquée de la voie romaine, touche à la chapelle de Montvinard de Nouaillé, aux dolmens détruits des bords du Miosson [...] pour continuer vers Limoges.
4°- Voie de Limonum à Mediolanum-Santonum (Saintes) par Rauranum, Brigiosum et Aunedonacum. Cette voie se détachait de Poitiers à partir de l'amphithéâtre, par le faubourg de la Tranchée, longeait Beauregard, le Roc, la villa Mazellis (Mezeaux, près de laquelle on voit les restes d'un aqueduc romain), la Chaillerie, la Grange, Château-Gaillard, un établissement signalé récemment par M. Raimbaud à l'ouest de Vivonne et de la villa du Reclou [...], arrivait à Rom [...] atteignait Brioux et Aunay [...].
5°- La voie de Limonum à Portus Namnetes (Nantes), dit le chemin de Saint-Hilaire et des Grandes-Chaussées, sort de Poitiers par le Portus de la Roche, gagne vers Quinçay, Chareret, le Querroir, Traversonne, où il passe l'Auxance [...].
6°- Voie de Limonum à Juliomagus (Angers) se détachait de la précédente au delà de Vouillé, passait à Beauvais, aux Loges [...].
7°- La voie transversale qui de Limonum rejoignait à Noiné celle de Rom à Portus Namnetus [...].
M. Caillard a indiqué une voie qui de Poitiers devait se rendre à Doué, localité importante qui fut un des domaines royaux des rois wisigoths et des princes carolingiens. Cette voie dite des marchands débutait à Poitiers, par le pont d'Auxance ou Grand-Pont, la Peyre de Jaulnay, gagnait les Tours Mirandes, ruines romaines situées au nord-ouest de Vendeuvre [...].

Voies secondaires
De Poitiers à la Souterraine. Ce fut cette voie que suivit apparemment saint Martin quand il vint rejoindre saint Hilaire et fonder le monastère de Ligugé, car on rencontre sur son parcours un lieu-dit Pas ou Passe-de-Saint-Martin sur lequel on a élevé une chapelle. Cette voie qui s'encaisse au sortir de Poitiers du faubourg de Rochereuil dans les falaises de Saint-Saturnin, rase la pierre levée, se détache de la voie d'Argentomagus, passe à Charassé, la Cigogne, la périnière, la villa Sabiniaca, les Forges [...] et Montmorillon. Cette voie présente plusieurs bifurcations [...].
Danville, de son côté, signale l'existence d'une voie ancienne entre Poitiers et Orléans, passant par la Roche-Posay [...] et la pierre levée à Poitiers.



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