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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 113 éléments étudiés de l'architecture de villégiature


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Guinguette dite les Trois Ilots, actuellement maison
Poitiers (Vienne), 133 avenue de la Libération

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale des Trois Ilots. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / H. Achard, 2009.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2009.

La guinguette Les Trois Ilots fait partie des les plus connues de Poitiers. Situé au bord du Clain, sur le chemin de Trainebot, cet établissement offrait un cadre idyllique à sa clientèle. Cette guinguette qui daterait des dernières années du 19e siècle, perdure jusque dans les années 1950. C'est son restaurant qui faisait sa réputation. Les clients pouvaient également y venir danser ou se divertir en louant des barques.

Historique

Nommée "Les Trois Ilots", cette ancienne guinguette tire son nom de la présence sur le Clain, à cet endroit, de trois petits ilots. C'est à ce même endroit qu'apparait sur le cadastre de 1838 un bâtiment, appelé "Trainebot", et une écluse ruinée, le tout appartenant à M. Leviel de la Marconnière, médecin rue de la Tranchée.

Cette guinguette fait partie des plus anciennes de Poitiers. L'établissement est mentionné pour la première fois dans le registre des débits de boissons de la Ville de Poitiers en 1895, au nom de Louis Auger. Ce dernier est également inscrit comme propriétaire d'un débit de boissons rue de la Tranchée en 1895, et en 1904, de l'autre guinguette de Poitiers Sud, "Le Fleuve Léthé". Plus tard, en 1915, Louis Doussaint, limonadier, déclare tenir "Les Trois Ilots" et "Le Théâtre". En 1923, le propriétaire M. Mandin, a pour tenancier Louis Marcou-Vignaud, un négociant, habitant rue du Marché. Un an plus tard, c'est ce même tenancier qui devient propriétaire des Trois Ilots, pendant au minimum dix ans. Ainsi, se succèdent plusieurs tenanciers, qui parfois vivent au sein de l'établissement. En 1924, c'est François Lépine, puis en 1927, Paul Théry, un mouleur, qui habite cette fois rue Cornet. En 1928, l'établissement est tenu et habité par Marc Gaëta, un restaurateur italien, originaire de Palerme. En 1929, Louis Marcou-Vignaud semble reprendre l'établissement comme tenancier. En 1931 et 1933, Eugène Ardouin déclare être tenancier de la guinguette, tout en étant un employé des tramways électriques. Il vit quant à lui rue Saint Jacques puis route de la Torchaise. Louis Marcou-Vignaud apparaît toujours comme propriétaire des lieux.

L'établissement connait plusieurs modifications au fil du temps, comme le montrent plusieurs cartes postales. Ainsi, le corps principal daterait de la seconde moitié du 19e siècle. Il apparaît sur une photographie de 1900, tout comme deux extensions qui lui sont accolées et un petit bâtiment indépendant. Sur d'autres cartes postales datant des années 1950, est visible un bâtiment beaucoup plus conséquent que les premières extensions. Construit en mâchefer, il daterait des années 1930. Il a pour vocation d'agrandir la salle de restaurant. S'ajoutent comme aménagements plus tardifs, autour des années 1940-1950, une buvette, accolée au bâtiment principal et une terrasse, qui permet de profiter de la dénivellation du terrain.

"Les Trois Ilots" proposent à leurs clients la restauration et la vente de boissons, comme en témoigne une carte postale publicitaire datant des années 1950, où est inscrit au dos "Les 3 Ilots restaurant. Un bon repas dans un site unique, au bord de l'eau... 133 av. de la libération, Poitiers tel 14.00". Une seconde invite à venir y apprécier "ses spécialités, sa pâtisserie, ses vins" et sa "terrasse au bord du Clain". Les clients pouvaient prendre place soit à l'intérieur de l'établissement, dans la grande salle du restaurant, soit sur la terrasse, avec une vue imprenable sur le Clain, ou au bord de l'eau. A ces activités qui ont fait la réputation des "Trois IIots", s'ajoute la danse. En effet, un parquet était installé pour les beaux jours dans la partie basse du jardin. La location de barques était également possible grâce à un petit embarcadère situé dans le jardin. Une passerelle permettait d'atteindre l'autre rive.

Après la fermeture de l'établissement dans les années 1970, les Trois Ilots deviennent la propriété de M. Portejoie et sont divisés en trois appartements, pour redevenir en 1990 une seule habitation, après le rachat par M. Barcus.

Description

L'ancienne guinguette est située sur le chemin de Trainebot. Elle est accessible par ce dernier ou par un autre chemin qui monte à l'avenue de la Libération. Le bâtiment est placé en bas du coteau. Il est entouré par un jardin délimité par un mur de clôture. De l'autre côté du chemin se situe un autre jardin qui, à l'époque de la guinguette, servait de terrasse et d'embarcadère. Parmi les bâtiments, le corps principal comprend un rez-de-chaussée, un étage et un comble éclairé par un oculus. Les ouvertures s'organisent en deux travées encadrant la porte centrale. Le toit est à long pans et à croupe, surmonté d'épis de faîtage.
Dans le prolongement se situe un second bâtiment. Sa façade est en gouttereau. Il s'organise sur deux niveaux : le rez-de-chaussée, qui communique avec le bâtiment principal, et l'étage, qui est indépendant. Les ouvertures sont réparties sur trois travées, avec pour le rez-de-chaussée la présence de deux larges baies. Le toit est décoré d'un lambrequin.
A cet ensemble de bâtiments sont accolées une buvette et une petite extension en appentis où se trouve une cave, aménagée dans la pente du terrain. Un escalier mène de la terrasse à un premier jardin en contrebas. De l'autre côté du chemin, un second jardin s'étend au bord du Clain. Une petite passerelle permet d'atteindre les îlots sur la rivière.

Documentation

● Archives

Archives municipales de Poitiers : 1408. Registre des Débits de boissons.
Archives départementales de la Vienne : 4 P 1838. Cadastre.

● Bibliographie

Mineau Robert. Poitiers d'avant 1914 souvenirs d'enfance. Poitiers : Brissaud, 1989. P. 218
Simmat Gérard. Le Poitiers des années 50. Lavoux : Éditions Michel Fontaine, 2009. P. 136
Simmat Gérard et Clauzier Daniel. Poitiers, il y a 100 ans, en carte posatles anciennes. Prahecq : édition patrimoines et médias, 2006. P. 213

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