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L'inventaire du patrimoine culturel de la Région Poitou-Charentes

L'agglomération de Poitiers :
les 113 éléments étudiés de l'architecture de villégiature


Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Guinguette dite le Chalet de Venise, actuellement restaurant Passions et gourmandises
Saint-Benoît (Vienne), 6 rue du Square

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue générale du restaurant Passions et Gourmandises, autrefois appelé le Chalet de Venise. © Région Poitou-Charentes - Communauté d’agglomération de Poitiers / H. Achard, 2009.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2009.

Le Chalet de Venise est une des plus célèbres guinguettes des environs de Poitiers. Fondée probablement dans les premières années du 20e siècle, sa réputation était fondée sur une très bonne table et un cadre exceptionnel et dépaysant. En effet, le jardin était parcouru par plusieurs canaux formés par le Clain et un chalet de bois dominait l'ensemble des autres bâtiments. Les Poitevins y venaient à pied où en tramway se restaurer et danser.

Historique

Le Chalet de Venise faisait partie des guinguettes les plus importantes aux alentours de Poitiers. A l'occasion d'une promenade, beaucoup de Poitevins venaient s'y restaurer et y danser. Ce nom peu commun de Chalet de Venise vient de la configuration des lieux où le Miosson forme plusieurs canaux. M. Sabourin en était le propriétaire en 1911. Dans les années 1990, le bâtiment a été entièrement reconstruit pour accueillir un restaurant.Très récemment l'établissement a été repris par un nouveau propriétaire, qui lui a donné le nom de Passions et Gourmandises.
La guinguette était composée à l'origine d'un ensemble de cinq bâtiments. Ainsi, d'anciennes photographies représentent trois maisons en enfilade avec façade en pignon, auxquelles est accolé un chalet en bois. Ce dernier possédait un étage, accessible par un escalier extérieur. S'ajoute un cinquième bâtiment, situé dans le jardin. Parmi ces bâtiments, l'un accueillait une salle de bal où se trouvait un Limonaire, c'est-à-dire une sorte d'orgue de Barbarie, de dimension importante, fabriqué par la maison du même nom. A la belle saison, les clients pouvaient s'installer dans le jardin, autour de nombreuses tables, à l'abri de la voute de verdure, pour profiter de la fraicheur procurée par les courants d'eau vive.

Description

L'établissement actuel à été totalement remanié dans les années 1990. Seule subsiste à l'angle du bâtiment, côté rue, la trace d'une ancienne maison, où des encadrements en pierre de taille sont visibles. Cependant, le jardin et les canaux qui faisaient la réputation du Chalet de Venise sont encore bien là.

Documentation

● Archives

Archives municipales de Poitiers : 1408. Registre des Débits de boissons.

● Bibliographie

Mineau Robert. Poitiers d'avant 1914 souvenirs d'enfance. Poitiers : Brissaud, 1989. P. 361
Simmat Gérard. Poitiers Année 30 : La Crèche : Geste édition, 2003. P. 217
Simmat Gérard et Juchault Pierre. Mémoire en Images Le Pays de Poitiers. Joué-Lès-Tours : édition Alain Sutton, 1999. P. 77

● Annexe 1 :

Mineau Robert, Poitiers d'avant 1914 souvenirs d'enfance. Poitiers : Brissaud, 1989. p. 361

L'assemblée de Saint-Benoît.

Le 17 avril 1911 qui était le lundi de Pâques, je fus salué à mon réveil par un gai soleil dont les rayons se jouaient à travers mes persiennes. [...]
Cette belle journée de printemps incitait à la promenade. Pendant le déjeuner, on tomba d'accord pour aller l'après-midi à Saint Benoît où se tenait l'assemblée annuelle.
Nous nous y rendîmes à pied par Naintré, afin d'éviter l'affluence des promeneurs qui préféraient le plus court trajet par l'Ermitage et le Coq Hardi.
[...]
Avant de reprendre le chemin du retour, nous fîmes une longue halte au revers d'un fossé.
Je me sens un appétit verdoyant, déclara mon père, je vous invite à dîner au Chalet de Venise.
Cette guinguette était, avec Le Fleuve Léthé, les Trois-Ilôts, la Cassette, l'une des plus fréquentées par les promeneurs dominicaux.
Elle tirait son nom des courants d'eau vive qui la traversaient. Sous les hauts ombrages, s'alignaient les tables et les bancs destinés aux consommateurs.
Une salle de bal, au fond de laquelle trônait un limonaire, longeait la route. Un grand chalet de bois aux étages duquel on accédait par un escalier extérieur était accoté au bâtiment principal. Nous retînmes une tables au premier étage et soupâmes d'une terrine de pâté de lièvre et d'une fricassée de poulet.
A la tombée de la nuit, les quinquets et les lampions s'allumèrent dans la verdure. Au-dessous de nous, les nombreux dîneurs chantaient des refrains populaires qu'ils scandaient avec le manche de leur couteau.
Lorsque, le souper fini, le limonaire eut commencé à moudre des polkas et des valses, nous rentrâmes à la maison par le Coq Hardi sous un ciel étoilé.

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