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L'inventaire du patrimoine 

culturel de la Région Poitou-Charentes

Le canton de Celles-sur-Belle:
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Dossiers et illustrations : dossier documentaire

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Thorigné, la Renaudière
Manoir de la Renaudière

photographie du dossier documentaire, voir légende
Vue du logis néoclassique. © Région Poitou-Charentes / A.P.P. Fonds Editions Patrimoine et Medias, 1992.
Dossier documentaire réalisé à partir de l’enquête d’inventaire de 2001.

Historique

En 1698, le fief de la Renaudière correspondait à un revenu de 100 livres pour le seigneur Manceau, écuyer. Les Manceau possédèrent le château de la Renaudière dès le début du 17e siècle et jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Après la Révolution, par union avec Emilie Monnet de Lorbeau, fille du fermier général des apanages du comte d'Artois, la Renaudière revint à François Raymond Duval, général d'Empire. A la Restauration, il devint maire de Thorigné ; il dut vendre sa propriété de la Renaudière en 1830. Le vestige le plus ancien de ce château, est une tour ronde, visible de la route de Celles. Il y a deux bâtiments du 19e siècle sur la propriété.

Description

Le premier bâtiment du 19e siècle, présente une façade à cinq travées avec porte centrale et une corniche moulurée qui somme l'élévation. Le toit, couvert de tuiles creuses, est à faible pente. Ce bâtiment évoque les constructions néo-classiques, avec le fronton triangulaire percé d'un oculus et surmontant l'entrée, les petites fenêtres carrées du comble et les bossages d'angles simulés. A l'est de ce bâtiment, presque dans l'alignement, se tient le "château neuf". Il présente un corps central de trois travées avec porte au milieu, un étage et un comble à surcroît percé de trois lucarnes à frontons triangulaires. L'élévation est sommée par une corniche moulurée, la toiture est à longs pans et couverte d'ardoises. Le corps central est flanqué de deux pavillons dont les toitures sont à quatre pans et couverts d'ardoises.

Documentation

● Archives

Archives départementales des Deux-Sèvres. 3 E 6264. 20 juin 1791 : procès-verbal de visite à la requête de Claude Jean Baptiste Monnet-Lorbeau, négociant, demeurant au château de Bougouin, fait par Jacques Saint-Marc, conducteur des Ponts et Chaussées, expert.
Archives départementales des Deux-Sèvres. 3 E 9292, 9022, 6264. 1781-1791. Travaux de Jacques Saint-Marc, conducteur principal des Ponts et Chaussées du Poitou, à Melle paroisse Saint-Hilaire.
Archives départementales des Deux-Sèvres. 3 E 10381, fol. 60. 29 avril 1712 ; 26 mars 1717 ; 7 avril 1724 ; 9 mars 1727 : procès-verbal de visite à la requête de messire Jacques Manceau, écuyer, seigneur de la Fraignée, Boissoudan, la Renaudière et autres places, demeurant au lieu noble de la Renaudière.
Archives départementales des Deux-Sèvres. 3 E 10405. 28 mars 1760 : procès-verbal de visite de cette maison appartenant à Jacques Elie Manceau, chevalier, seigneur de Boissoudan, demeurant en son logis de la Renaudière.
Archives départementales des Deux-Sèvres. 3 E 10408. 13 mai 1763 : fondation par messire Jacques Elie Manceau, écuyer, seigneur de Boissoudan, demeurant au château de la Renaudière, d'une messe basse de requiem par mois, à commencer dans la semaine du décès du premier qui décèdera, soit dudit seigneur Manceau ou de son épouse, pour laquelle fondation il a constitué la rente annuelle et perpétuelle de 10 livres.
Archives départementales des Deux-Sèvres. Q 74. 24 février 1798 (6 ventôse an VI) : vente de la cy-devant église de Thorigny... adjudicataire François Raymond Duval, ex-général de brigade, demeurant à la Renaudière, pour 16.000 francs.
Archives départementales des Deux-Sèvres. Q 74. 24 juillet 1796 (6 thermidor an IV) : vente de la maison ci-devant curiale de la commune de Thorigni avec la cour et dépendances... le 22 avril 1791 à M. Charles Hyppolyte Manceau (suivant procès-verbal d'adjudication du Directoire du district de Saint-Maixent). 10 septembre 1796 (21 fructidor an IV) : Ch. Girard subroge à sa place Jean Jacques Proa, commissaire du Directoire exécutif. P. 316
Archives municipales de Beaussais, registres paroissiaux. P. 316

● Bibliographie

Association promotion patrimoine (Niort). Châteaux, manoirs et logis. Les Deux-Sèvres / dir. Philippe Floris, Pascal Talon. Niort : Ed. A.P.P., 1991. P. 316
Poignat, Maurice. Histoire des communes des Deux-Sèvres, vol. 2. Le Pays mellois. - Niort : Ed. du Terroir, 1982. P. 145

● Annexe 1 :

La plus ancienne mention de la Regnauldière date de 1521. On connaît les seigneurs de la Renaudière depuis le début du XVIIe siècle : les MANCEAU, une famille de maires et d'échevins de Niort jusqu'à la Révolution ; François-Raymond DUVAL, général de brigade, en est propriétaire en 1798 ; par son épouse, Emilie-Louise-Elisabeth MONNET, le domaine entra dans la famille Monnet de Lorbeau.

Les plus anciennes mentions de la demeure sont du dernier quart du XVIIe siècle. A l'extrême fin de ce siècle "Le fief de la Renaudière, de cent livres, [appartient] au sieur Mançeau, écuyer, qui y demeure". Il s'agit là probablement soit de Jean Manceau (1630-avant 1696), le premier seigneur de la Renaudière qui est dit y demeurer, ou de son gendre Jacques Manceau, époux (1696) de sa fille Bénigne.

Ensuite, pendant la première moitié du XVIIIe siècle, les Manceau ont habité à la Renaudière : Jacques, puis sa veuve Bénigne, et leur fils Jacques-Elie, qui y mourut en 1765. Mais en 1789, sa veuve, Marie-Gabrielle Gourgault, demeurait à Celles. C'est elle qui a dû affermer ou céder le domaine à Claude-Jean-Baptiste Monnet de Lorbeau, fermier général du duché de la Meilleraye et du prieuré de Mougon dans les années précédentes la Révolution, qui demeurait alors au château de Bougouin. Le 20 juin 1791, il procéda en tant que "négociant" (fermier général ?) à la visite du logis de la Renaudière à Thorigné. Dans cette visite il est question d'une chambre neuve.

En 1810, Emilie Monnet, épouse Duval, afferma le domaine. Dans ce bail à ferme, elle réserva à sa famille notamment le côté droit dudit logis de la Renaudière "basti à neuf".

Lors de l'établissement de l'ancien plan cadadastral vers 1818, le logis était imposé pour 23 ouvertures (des pièces habitables), ce qui correspond en gros aux élévations du logis ouest ? couvert en tuiles (dix ouvertures par façade [antérieure et postérieure]).

La visite détaillée de 1791 permet d'affirmer qu'à cette date certaines parties du logis dataient du XVe ou du XVIe siècle. La description de la tour. Le second logis a été bâti à l'emplacement d'un logis ? entre 1790 et 1810.

● Annexe 2 :

● Annexe 3 :

Ferme du logis, métairie et dépendances de la Renaudière du 24 juillet 1810 :

"Les logis, métairie et dépendances de la Renaudière, commune de Thorigné dont la métairie est exploitée maintenant par Jean Richard et communauté..., sur laquelle sont des dépendances desdits domaines, mais est excepté et réservé pour ne pas faire partie du présent bail :
le côté droit dudit logis de la Renaudière basti à neuf, le coridor, l'entrée au jardin, commodités, chambres et les celliers, la cave et le petit pré P (?) la chambre actuellement habitée par la demoiselle Duval..., le grenier sur ladite chambre, celle comme (?) estant de chambre aux (?), le petit pavillon nommé la Fuye (?), les promenades nommées aussi la Fuye (?), l'entrée au jardin de la chaume, le petit toit derrière le four près le grand ballet, 1 écurie double (?) et le chais, le petit office à la droite de l'entrée de la cave et qui a jour sur le jardin, les facillités (?) pour user des objets reservés, enfin la faculté d'aller et venir sur les objets affermés pour ladite demoiselle Duval, pour la dame bailleresse, sa famille et compagnie et pour se promener ...".

● Annexe 4 :

Chronologie des mutations de propriété :

Jacques Manceau, fils de Jean et de Marie Thoreau, écuyer, seigneur de Laillerie, la Renaudière, époux (1607) de Jeanne Rivière.

Balthazard Manceau, fils des précédents, (1608-1669), époux (1629) de Catherine de Mayré.

Jean Manceau, fils puîné des précédents, (1630-avant 1696), écuyer, seigneur de la Fraignée et de la Renaudière, époux (1667) de Avoye de Jousserant, père de Bénigne (1667) ; veuf, il se remaria (1673) avec Elisabeth Berlouin ; le 1 mars 1682, demeurant à Thorigné, il est porté sur la liste des nouveaux convertis ; le 5 juillet 1685, il est dit demeurant à la Renaudière.

Bénigne, épouse (contrat du 13 février 1696) de Jacques Manceau, écuyer, seigneur de la Fraignée, fils de Jacques, seigneur de Boissoudan et de Marie Béraudin, son cousin germain ; écuyer, seigneur de la Fraignée, Boissoudan, la Renaudière et autres places, demeurant au lieu noble de la Renaudière, 29 avril 1712, 26 mars 1717, 7 avril 1724, 9 mars 1727 : visites de la métairie de la Renaudière ; chevalier seigneur de la Renaudière, la Fraignée et autres lieux, 4 avril 1725 : demeurant en son logis noble de La Renaudière, paroisse de Thorigné ; Bénigne, veuve de Jacques Manceau, chevalier seigneur de la Fraignée, la Renaudière, demeurant en son logis noble de la Renaudière, 3 septembre 1731 : visite de la métairie du Petit Villermat à Beaussais ; veuve de Jacques Manceau, écuyer, 5 mai 1735 : visite de la métairie de la Grande Rézière, à Prailles ; 14 avril 1788, procès verbal de visite et recollement de la visite du 5 mai 1735 entre dame Bénigne Manceau, propriétaire de ladite métairie et Paul Laché.

Jacques-Elie Manceau, fils des précédents, écuyer, seigneur de Boissoudan, demeurant au château de La Renaudière, né en 1704 ; époux en premières noces de Marie-Madeleine-Suzanne Louveau (décédée en1732) ; époux en secondes noces (1732) de Marie-Gabrielle Gourjault ; 28 mars 1760 : visite d'une maison à Thorigné ; 13 mai 1763 : fondation d'une messe basse de requiem par mois ; décède le 11 octobre 1765 au château de la Renaudière ; sa veuve, Marie-Gabrielle Gourgault, demeurantt à Celles, 4 juin 1789 : visite de la métairie de Virleban à Beaussais.

Claude-Jean-Baptiste Monnet de Lorbeau, fermier général du duché et pairie de la Meilleraye, demeurant au prieuré de Mougon, 17 juin 1773 : visite de la métairie de la Vienne à Mougon pour Jean-Louis Monnet et la veuve Chauvegrain ; 21 juin 1773 : visite de la métairie de la Robinerie / Robinière au bourg de Mougon ; fermier général du duché de la Meilleraye et du prieuré de Mougon, demeurant au bourg et paroisse de Mougon, 4 avril 1777 : visite de la métairie de Belleplaine à Sainte-Blandine ; négociant, demeurant à Niort, 24 mai 1785 : recollement de la métairie de la Robinerie au bourg de Mougon ; négociant, chargé de procuration de Jean-Elie-Baptiste-Olivier de Bonneval, négociant à Cadix, y demeurant, 31 mars 1791 : visite de la métairie de la Gilbertière au village de Triou à Mougon ; 6 mai 1791 : adjudicataire du prieuré de Mougon ; négociant, demeurant au château de Bougouin, 20 juin 1791 : visite du logis de la Renaudière à Thorigné ; après loi du 6 juillet 1792, remise à la République du prieuré de Mougon.

François-Raymond Duval, ex-général de brigade, demeurant à la Renaudière, 6 ventose an VI (24 février 1798) : acquéreur de l'église de Thorigné moyennant 16 000 francs ; Emilie-Louise-Elisabeth Monnet, épouse de François-Raymond Duval, électeur du collège électoral du département, général de brigade, agissant pour son mari, 24 juillet 1810 : ferme du logis, métairie et dépendances de la Rénaudière.
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