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Dossier documentaire d'usine

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Usine de produits chimiques Générand, puis de Saint-Gobain, puis briqueterie Lafon
Marennes (Charente-Maritime), Port-des-Seines

photo de la notice
Entrée principale de l'usine et conciergerie. © Inventaire général / Phot. Inv. M. Deneyer
Date de l'enquête : 1997

Historique :

Usine de produits chimiques construite en 1865 pour Philippe Généraud, banquier et maire de Marennes ; elle est destinée à fabriquer des produits dérivés du sel marin, dans le but de venir en aide aux sauniers de la vallée de la Seudre. Dès 1867, l'usine est absorbée et agrandie par la société lyonnaise Perret et Olivier. Cette dernière s'associe en 1872 avec la Compagnie Saint-Gobain, et c'est sans doute à ce moment que la fabrique de soude se transforme en fabrique d'engrais chimiques : superphosphates et sulfate de cuivre destiné au traitement des vignes. La pyrite est importée par bateau. Dans les années 1890, la fabrication double en raison du développement de l'emploi des engrais chimiques dans la culture. Après 1920, l'usine ferme ses portes au profit de celle de Tonnay-Charente, où les ouvriers sont réintégrés. Elle est en grande partie démolie en 1934 ; seuls un magasin, la conciergerie, le bâtiment abritant les logements des cadres, datant des années 1880, et la maison du sous-directeur de 1900 subsistent. La cité ouvrière, de 1900, composée de quatre bâtiments de quatre logements a été revendue depuis. Jean Lafon, d'une famille de tuiliers-briquetiers originaire du Limousin, et déjà propriétaire d'une briqueterie à Saint-Agnan depuis 1954, s'installe sur le terrain loué par la municipalité vers 1964 et fait construire de grands ateliers et hangars, aujourd'hui désaffectés. Existence d'un fonds d'archives privées.
En 1874 est installée une chaudière de chez Charropin de Paris.
En 1880 : 30 ouvriers. En 1891 : 2 contremaîtres, 6 surveillants, 140 ouvriers, 50 manoeuvres, 6 femmes et 6 enfants y travaillent.

Description :

Site industriel desservi par embranchement ferroviaire et voie navigable. Ancien atelier de fabrication en moellon de calcaire, à un étage carré et élévation à travées, à charpente en bois apparente et à lanterneau, couvert en tuile creuse. Ateliers et hangars de la briqueterie Lafon en pan de métal et brique creuse et couverture en ciment amianté. Conciergerie en moellon de calcaire enduit, en rez-de-chaussée surélevé et à toit à croupes en tuile creuse. Bâtiment des logements des cadres en moellon enduit, de plan en U, à un étage carré, et couvert en tuile creuse. Cité ouvrière de quatre immeubles de quatre logements chacun, à un étage carré et toit en tuile mécanique.

Documentation :

● Archives :

Archives départementales de Charente-Maritime, 7 M 9/54. 1865 : produits chimiques.
Archives départementales de Charente-Maritime, 14 M 1/3. 1837-1892 : travail des femmes et des enfants.
Archives départementales de Charente-Maritime, 3 P cadastre Marennes.
Archives Privées [actuellement en dépôt à Poitiers]. 1860-1939 : rapport d'inspection de la Banque de France : succursale de La Rochelle. Rapport Billotte, 1879.
Archives Privées [actuellement en dépôt à Poitiers]. 1860-1939 : rapport d'inspection de la Banque de France, succursale de Saintes. Rapport Regelsperger de 1937.

● Bibliographie :

Baudrit, André. " L'ancienne usine Saint-Gobin ". Le littoral, 28 mars 1964.
Anglade, Francis ; Bernard, Gilles ; Fournbet, Philippe ; Soumagne, Jean. La Charente-Maritime aujourd'hui : milieu économique, aménagement. Jonzac : Université francophone d'été, 1987. P. 143

● Annexe 1 :

A.D. Charente-Maritime, 7 M 9/54

19 août 1865 : autorisation préfectorale accordée au sieur Ph. Généraud, négociant à Marennes, d'établir une fabrique fort importante de produits chimiques, au lieu-dit Petit Port de Sennes. Il s'agit d'une fabrique de soude et d'acide sulfurique, comprenant une cheminée de 40 m de haut.

Mémoire relatif à cette installation :
La dite usine est créée dans le but de transformer le sel marin en produits dérivés désignés comme ci-après :
1 - sulfate de soude
2 - soude brute
3 - sels et cristaux de soude, soude caustique, etc...
4 - chlorure de chaux
L'obtention de ces produits nécessitera l'emploi des acides sulfuriques et nitriques qui seront également fabriqués sur les lieux.

1° - acide sulfurique : produit en deux appareils dits chambres de plomb (25 m de long, 10 m de large, 6 m de haut). Les réactions déterminant la formation de cet acide s'y passeront au contact des gaz suivants : acide sulfurique, vapeurs nitreuses, vapeur d'eau et air. L'acide sulfureux sera donné par la combustion des pyrites en fer sulfuré dans un four. L'acide nitrique sera fabriqué par la réaction de l'acide sulfurique sur le nitrate de soude en un cylindre de fonte et est recueilli en une série de bonbonnes en grès. La vapeur d'eau sera fournie par deux chaudières en tôle.

2° - sulfate de soude : par la décomposition du sel marin par l'acide sulfurique concentrée à 60 %. Cettte opération se passera dans un four à réverbère présentant trois compartiments. Fabrication d'acide chlorydrique condensée dans des bonbonnes.

3° - soude brute : un seul four de grandes dimensions transforme le sulfate de soude en soude brute en calcinant un mélange de sulfate de soude, de charbon et de carbonate de chaux.

4° - sels de soude, cristaux, soude caustique. Le lessivage de la soude brute est obtenue dans une série de chaudières.

5° - chlorure de chaux : quatre chambres en pierre de taille garnies de tablettes garnies de chaux éteinte.

● Annexe 2 :

Baudrit, André. L'ancienne usine Saint-Gobain, dans le Littoral du 28 mars 1964.

" Création d'une usine vers 1865-66 par Philippe Généraud, banquier pour venir en aide aux sauniers. Un représentant de l'industrie lyonnaise, Aimé Olivier, vint en 1867 voir si la petite usine pouvait être absorbée et développée. H construisit une nouvelle usine pour son père. En fait, l'usine qu'il élevait sur le fief des Seynes était fondée au nom de son grand-père maternel, Perret, très gros industriel lyonnais et de son père, Jules Olivier.

Dans le journal de Marennes du 27 octobre 1872, on lit : "on sait que la maison Perret et Olivier a fusionné avec la Compagnie Saint-Gobain (association fixée à 25 ans)". Ce doit être à ce moment-là que la fabrique de soude s'est transformée en fabrique d'engrais chimiques. Des bateaux venaient à quais apporter la pyrite. Elle employa environ 300 ouvriers. Une fameuse grève eut lieu en 1910. L'usine a ensuite fermé ses portes au profit de celle de tonnay-Charente ".


AD Charente-Maritime ; 14 M 1/3 :
En 1891, à Marennes :
2 contremaîtres
6 surveillants
140 ouvriers
50 manoeuvres
6 femmes
6 enfants
L'importance de la fabrication a doublé depuis 1890, à cause de l'impulsion vigoureuse imprimée à
l'agriculture par les syndicats et les comices agricoles, la mise en vigueur des nouveaux tarifs des
douanes et le développement de l'emploi des engrais chimiques.

● Annexe 3 :

Construction de l'usine d'après les matrices cadastrales de 1882 (AD Charente-Maritime, 3 P)

En 1882 sont déjà mentionnés :
une grande chambre
un générateur
des forges
deux cheminées
bascule
grue
deux magasins
unité de chlorure de chaux
hangar
bureaux
four à salpêtre
deux maisons

Constructions à partir de 1882 :
bâtiment de superphosphates et atelier des machines CN 1892
gazomètre
logement et atelier de charron
voie ferrée AC 1897
maison AC 1893
fabrique d'acide sulfurique CN 1893
magasin
fabrique des sulfates
forge et plomberie
chaudière à coltaret
hangar
bassin à acides CN 1894
magasin
laboratoire du chimiste CN 1896
maison de l'ingénieur
bâtiment de la machine fixe
maison CN 1897
magasin à pyrites CN 1906
fabrique Gay-Lussac CN 1907
four ferrique CN 1909
bâtiment de l'acide sulfurique CN 1910
bâtiment des fours
20 fours à pyrites.
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Le patrimoine industriel de Poitou-Charentes, 2007-2012.
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